La chronique de Marc Fiorentino. Méfiez-vous des modes sur les placements
Marc Fiorentino

Découvrez la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Marc Fiorentino

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Les marchés financiers aiment les modes. Début 2025, la « collection » était les « Trump trades ». On les voyait partout. Et ils étaient défendus par tous les grands stratèges financiers. Il fallait acheter les actions américaines, en particulier le Nasdaq et les « sept magnifiques » (Gafam, Nvidia, Tesla), acheter le dollar. Un buy America général sur le thème : Trump est probusiness, il va tout faire pour faire monter la Bourse et pour Make America Great Again. Achetez !
Mais la mode n'a pas pris. À peine la collection lancée, les soldes ont commencé. Et comme les investisseurs savent s'adapter, certains diraient retourner leur veste, rapidement, la nouvelle mode depuis quelques semaines était le sell America. Il fallait, nous disaient les mêmes grands stratèges, vendre tout ce qui était américain : les actions bien sûr, le Nasdaq en priorité bien sûr, les emprunts d'État américains et le dollar.
Sur le thème : Donald Trump fait n'importe quoi, il change d'avis tous les jours, il veut renvoyer le patron de la Banque centrale américaine et les droits de douane vont plonger les États-Unis dans la récession. Vendez ! Tout le contraire donc de ce qui était recommandé à peine quelques semaines auparavant.
De quoi y perdre son latin, ou son américain ? Pas tout à fait. En matière de placements, il faut éviter d'être une fashion victim.
On ne peut pas ignorer les modes. Au contraire. Quand l'hystérie collective est à son comble, c'est souvent un bon indicateur d'un point d'entrée ou d'un point de sortie. On l'a vu en début d'année, on le voit encore cette semaine où quelques déclarations rassurantes du secrétaire au Trésor, Scott Bessent, et de Trump sur les négociations avec la Chine ont stoppé en plein lancement la mode du sell America.
En matière de placements, il faut accepter une certaine forme de ringardise qui consiste à rester campé sur ses convictions. Quitte à apparaître un peu « out » pendant quelques semaines ou quelques mois. Et il faut privilégier sans à-coups les placements indémodables et les allocations d'actifs équilibrés. Tout comme la chemise blanche, le jean ou la robe noire traversent les époques avec leur élégance intemporelle.
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Aux personnes qui me demandent s'il faut acheter ou vendre le dollar tout de suite, je réponds toujours 50 % maintenant, 50 % plus tard. À ceux qui veulent savoir s'il faut se ruer sur les valeurs tech américaines ou au contraire les liquider dans la panique, je réponds toujours qu'il faut acheter par paliers, et dans des proportions qui ne mettent pas en danger son patrimoine et qui n'obligent pas à céder dans les mouvements de baisse. À ceux qui me demandent s'il faut acheter de l'or, je réponds toujours : un peu, surtout si ça vous rassure et ça vous permet de mieux dormir.
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Avec de tels conseils, classiques, désuets, voire kitsch ou has been, je n'ai aucune chance d'être invité aux défilés de la fashion week, mais j'espère permettre de traverser les tempêtes financières qui se multiplient dans les périodes d'incertitude.
Marc Fiorentino