Krach boursier : savoir adapter ses placements
Marc Fiorentino

Photo d'illustration
LTD/Fabien Clairefond
Marc Fiorentino

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Aussi brutal soit-il, un krach boursier est l'occasion parfaite de faire le point sur son allocation d'actifs. Il permet en effet de révéler si celle-ci est alignée sur son profil de risque. La panique qui saisit certains investisseurs ne résulte pas uniquement de la chute en elle-même, mais de l'inadéquation entre leur tolérance au risque et les placements qu'ils détiennent.
Peut-être ont-ils investi de manière exagérée sur les actions, écoutant de mauvais conseils ou des idées reçues, comme celle selon laquelle il faudrait forcément investir en actions lorsqu'on a un horizon long terme, que les performances passées des actions vont forcément se répéter à l'avenir, ou encore que l'arrivée de Donald Trump ne pouvait que se traduire par la hausse des indices.
Pour ces investisseurs aujourd'hui désorientés, la première décision à prendre est donc de réduire leur exposition aux actions, afin d'ajuster leur portefeuille de manière qu'il reflète plus justement leur véritable appétence au risque.
De nombreuses alternatives existent, souvent injustement considérées comme peu rentables. Les produits de taux, par exemple, connaissent depuis plusieurs mois un net regain de performance, grâce à des rendements en hausse dans un contexte de taux plus élevés. L'immobilier, souvent vu comme une valeur refuge, affiche historiquement des performances très proches de celles des actions, mais avec une volatilité bien moindre.
Même constat pour l'or, en hausse de 80 % sur cinq ans et qui résiste bien à la baisse actuelle. Les actifs non cotés, en particulier les fonds de dettes privées, proposent également des rendements très attractifs pour un niveau de risque mesuré, loin de la volatilité extrême des marchés cotés.
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En diversifiant ainsi son portefeuille, non seulement on réduit son exposition à la baisse d'un seul actif, comme c'est le cas actuellement avec les actions, mais on se protège également contre de futurs retournements sur d'autres classes d'actifs. Une allocation bien diversifiée est la meilleure arme contre l'incertitude des marchés.
Pour autant, tous les investisseurs ne sont pas concernés par la nécessité de réduire leur exposition aux actions. Ceux qui disposent d'un profil suffisamment dynamique peuvent traverser la tempête avec sérénité. Ils savent que les krachs ne sont pas une anomalie, mais une composante normale du cycle des marchés financiers. Pour eux, le bon réflexe n'est pas de vendre dans la panique, mais de tenir leur position, voire de renforcer à bon compte, tout en gardant à l'esprit l'importance de la diversification.
Cela implique de répartir leurs investissements sur différentes zones géographiques et secteurs, mais aussi sur d'autres classes d'actifs dynamiques : le private equity, mais aussi à nouveau l'immobilier, les matières premières, voire les cryptomonnaies pour les profils les plus spéculatifs.
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En définitive, le critère le plus déterminant pour construire une allocation pertinente n'est ni le niveau actuel des marchés ni les performances passées, mais bien le profil de l'investisseur. C'est en investissant en cohérence avec ce dernier que l'on maximise ses chances d'obtenir une performance en ligne avec ses objectifs, tout en minimisant l'impact de la volatilité et le stress causé par les inévitables soubresauts des marchés.
Marc Fiorentino