La chronique de Marc Fiorentino. Résilience ou excès d’optimisme ?
Marc Fiorentino

Découvrez la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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Résumons la situation actuelle. Une guerre en Ukraine qui n'en finit pas. Une guerre en Iran qui commence et qui prend de l'ampleur. Un président américain qui ne veut plus d'un ordre économique mondial dont il pense que les États-Unis en sont les victimes et qui maintient une incertitude totale sur les barrières tarifaires aux frontières. Un seul de ces événements aurait pu et même dû provoquer un séisme durable sur l'économie mondiale et sur les marchés financiers.
Ce fut le cas avec l'Ukraine, mais l'économie a très rapidement absorbé le choc et les indices boursiers ont repris leur course à la hausse. Et cette semaine, malgré les tensions commerciales, malgré l'embrasement du Moyen-Orient, les indices boursiers flirtent avec, voire dépassent, leurs records historiques. La volatilité, l'indice de la peur, a certes rebondi. Un peu. Un tout petit peu. Elle est loin des niveaux spectaculaires du Covid ou des premiers jours de l'invasion de l'Ukraine. La situation peut évidemment se dégrader dans les jours qui viennent mais la relative sérénité des investisseurs peut surprendre.
On dit que les marchés anticipent. Et on peut se demander ce qu'ils anticipent dans ce climat étrange et dans ce brouillard total. Avançons quelques hypothèses :
Les investisseurs se sont brûlé les ailes et le portefeuille chaque fois qu'ils ont réagi en paniquant lors d'événements politiques ou géopolitiques similaires. Ils ont vendu à tout prix ce qu'ils ont dû racheter quelques heures, jours ou mois suivants à des cours bien plus élevés. Ils auraient donc décidé de prendre le temps pour réagir et de réfléchir avant d'agir trop précipitamment.
Ils croient au Trump de The Art of the Deal et semblent convaincus que les États-Unis finiront par se mettre d'accord sur des niveaux de droits de douane qui ne pénaliseront qu'à la marge la marche de l'économie mondiale.
Ils semblent penser que la guerre entre Israël et l'Iran n'embrasera pas la région et que l'issue du conflit sera rapide.
Ils pensent surtout, et c'est une réalité, que les entreprises ont appris à s'adapter à tous les chocs. On l'a vu avec la guerre en Ukraine. La résilience - le terme est à la mode - est devenue le mode de fonctionnement permanent des entreprises, surtout des grandes entreprises.
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Résilience, donc.
Résilience des entreprises.
Résilience des investisseurs.
Résilience des marchés.
Résilience ou inconscience ? Résilience ou excès d'optimisme ? C'est la question qu'il faut se poser quand on doit prendre des décisions sur ses placements. Rappelons que le temps du placement doit être un temps long. Un épargnant n'est pas un trader. Il ne doit pas réagir à la minute. Son horizon doit être au minimum de cinq ans, idéalement de dix ans, voire plus.
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Et quand on a une vision à long terme, on doit s'équiper pour traverser les tempêtes. Avec une prise de risque qui doit rester limitée et adaptée à son profil. Et avec un équilibre rassurant entre les différentes catégories de placements. Les Français l'ont compris. Ils gèrent leur argent avec prudence. Et en ces temps incertains, c'est LA bonne stratégie.
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