La chronique de Marc Fiorentino. Il n’y aura pas de ponction massive sur votre épargne
Marc Fiorentino

Découvrez la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Marc Fiorentino

Découvrez la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Est-ce que vous connaissez les « marronniers » dans les médias ? Ce sont ces thèmes qui reviennent chaque année, à des périodes spécifiques. Les prix de l'immobilier, les impôts, les retraites, les régimes alimentaires ou encore les francs-maçons...
Quand j'observe les propositions du gouvernement depuis quelques semaines en matière de réduction des dépenses publiques, j'ai le sentiment d'avoir affaire à des marronniers. Avec un air de déjà-vu. Les mêmes thèmes. Encore et toujours. Depuis des dizaines d'années. La suppression des niches fiscales. La taxation des retraités. Le millefeuille territorial. Les commissions et agences d'État inutiles...
Toujours les mêmes recettes. Et chacun dans son rôle. À peine le marronnier publié, des opposants se précipitent pour dénoncer la proposition. Avec, c'est une nouveauté, la menace de faire tomber le gouvernement. Les mêmes recettes. Et la même inaction. Et une situation qui se dégrade année après année. Un déficit public qui n'en finit pas de déraper. Et une dette qui n'en finit pas d'exploser.
Si la situation n'était pas aussi grave, cela pourrait faire sourire comme ces pièces de théâtre de boulevard qui se jouent depuis des dizaines d'années. Avec toujours la même promesse : ne pas augmenter les impôts. Et toujours le même résultat : une augmentation, directe ou indirecte, des impôts.
Et face à ce cirque, les épargnants s'inquiètent toujours. Ils ont raison. Ils savent qu'ils sont dans le viseur car ils sont une proie facile. Avec un chiffre qui claque : l'épargne financière des Français est égale à plus de deux fois la dette française. D'où une crainte qui revient régulièrement : est-ce qu'un jour l'État va ponctionner notre épargne pour rembourser une partie de la dette ? On me pose régulièrement la question, en citant l'exemple de Chypre.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Avec une ponction des dépôts de plus de 100 000 euros pour faire face aux difficultés des banques largement exposées à la dette grecque. Et je réponds toujours la même chose : « Non, ça ne se produira pas en France ». Pour une simple raison : pourquoi créer un traumatisme majeur en ponctionnant d'un coup l'épargne de 10 % alors qu'on peut la ponctionner, régulièrement, directement ou indirectement, de quelques pourcents chaque année comme c'est le cas aujourd'hui.
Et comme la France a un taux de recouvrement d'impôts parmi les plus élevés au monde, la machine à imposer l'épargne peut continuer à tourner. Les épargnants se plaignent mais paient leurs impôts dans les délais et ne manifestent pas.
À lire également
La bonne nouvelle : Il n'y aura pas de ponction massive sur votre épargne. La mauvaise : vous allez continuer à contribuer à financer les dépenses de l'État. Chaque année. Et un peu plus chaque année. Car si les marronniers sont souvent des vœux pieux, le seul impôt qui augmentera chaque année est la taxation des revenus du patrimoine financier et du patrimoine immobilier. C'est inéluctable. Et les moyens de baisser ses impôts se réduisent comme une peau de chagrin. Profitez donc des dernières opportunités.
Marc Fiorentino