Les flottes guettent le décollage d'un marché de l'occasion électrique
Amine Abbas

Une usine de véhicules d’occasion, à Flins, en France, le 30 novembre 2021. Renault Twingo E-Tech Electric Life.
LTD/Benoit Tessier/REUTERS
Amine Abbas

Une usine de véhicules d’occasion, à Flins, en France, le 30 novembre 2021. Renault Twingo E-Tech Electric Life.
LTD/Benoit Tessier/REUTERS
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La voiture électrique a contraint les gestionnaires de flottes à réviser tous leurs modèles économiques. Rien dans cette technologie ne ressemble à l'équation d'une voiture thermique. Sur le papier, la promesse était belle, mais elle a aussi eu son lot de mauvaises surprises. La voiture électrique présentait toute une série d'équipements en moins, soit autant de points de maintenance critique en moins.
Les gestionnaires de flottes ont donc misé sur un coût à l'usage plus bas (le fameux TCO). Mais ils se sont vite rendu compte qu'il fallait changer les pneus plus souvent (entre 20 et 25 %, d'après les estimations de Michelin) mais également les plaquettes de frein.
Les pièces de carrosserie coûtent également plus cher à changer. Et les assurances ont eu tendance à augmenter les primes au vu du nombre d'accidents par des conducteurs peu habitués au couple moteur brutal des voitures électriques. Mais globalement, la facture s'annonce nettement moins élevée : coût de la recharge, cadre fiscal favorable...
Sauf que les grands loueurs (Ayvens, Arval...) et les gestionnaires de flottes ont été surpris par le décalage entre les valeurs résiduelles (estimation du prix à la revente) et les valeurs de rachat. « Les coteurs et les constructeurs ont largement surestimé les valeurs résiduelles, lâche un concessionnaire. On se retrouve avec des actifs totalement dévalués. » Sauf que c'est sur la base des valeurs résiduelles que sont construits les loyers de contrats de leasing. Si les loueurs revoient les loyers à la hausse, ils deviennent prohibitifs.
L'équation est donc quasi insoluble. D'autant que les constructeurs comptaient sur les flottes pour acheter des voitures électriques en masse. La faute à... l'absence de marché de l'occasion électrique. « La sensibilité au prix est plus forte sur le marché de la revente que sur le neuf, et une voiture électrique est évidemment plus chère même en seconde main », note un expert du Boston Consulting Group.
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Autrement dit, les loueurs se retrouvent avec des voitures électriques sur les bras qui ne trouvent pas preneurs et sont donc obligés de les brader, essuyant au passage de lourdes pertes. Une étude publiée par Autovista et Roland Berger en 2024 a évalué la perte à 8 milliards d'euros à l'échelle européenne.
Au dernier salon automobile de Paris, Carlos Tavares, alors patron de Stellantis, avait proposé que le prochain leasing social comporte un volet voiture électrique d'occasion pour soutenir ce marché. Une option qui n'a pas été retenue dans la dernière mouture annoncée en mai.
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Mais les professionnels parient sur un réveil du marché. Le baromètre annuel de CGI Finance a montré que les réticences des Français sur ce segment ont reculé. La part des sondés qui faisait du manque de recul sur la longévité des batteries le principal obstacle à l'achat de voitures électriques d'occasion a baissé de 15 points. Mais cette part reste forte à 41 %. En revanche, la problématique du prix n'a pas bougé, même s'il n'est retenu que par un tiers des Français.
Amine Abbas
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