L’entrée en vigueur de taxes sur les produits en provenance du Mexique et du Canada risque de provoquer une hausse des prix qui pourrait plomber la demande et pénaliser l'emploi.La menace a été mise à exécution. Les droits de douane de 25 % sur les importations venant du Mexique et du Canada, chers à Donald Trump, sont entrés en vigueur ce mardi. Malgré une levée de boucliers de nombreux industriels américains, le locataire de la Maison-Blanche est resté droit dans ses bottes. La perspective de provoquer une grande guerre commerciale ne l'effraye visiblement pas. Pour le secteur automobile, c'est quoi qu'il en soit la douche froide.
Tous les leaders de cette industrie, constructeurs et équipementiers, disposent de vastes usines au Mexique. Elles alimentent le marché américain en voitures, mais aussi en diverses pièces détachées destinées à être assemblées de l'autre côté de la frontière. Les chiffres donnent le vertige. C'est bien simple : « 13 % du PIB mexicain » dépend de l'automobile et « 70 % des voitures et pièces fabriquées au Mexique sont envoyées directement aux États-Unis », confiait récemment à La Tribune José Ignacio Martínez Cortés, professeur d'économie internationale à l'université nationale autonome du Mexique (Unam).
Les constructeurs tirent la sonnette d'alarme
Plusieurs acteurs français risquent d'en payer les frais. À commencer par Stellantis. Le constructeur franco-italo-américain dispose de nombreuses marques au pays de l'Oncle Sam, à l'instar de Chrysler, Dodge, Jeep et Ram. Interrogé, Stellantis se contente de rappeler sa position « en faveur d'un commerce libre et équitable ». Il considère que « les perturbations causent de l'instabilité », ce qui « n'est pas bon ni pour les affaires, ni pour les investissements ». Le constructeur ajoute que « toute décision », comme ces droits de douane, « doit intégrer un délai approprié pour que l'industrie s'adapte ». Ce qui n'est à l'évidence pas le cas avec les nouvelles taxes.
L'American Automotive Policy Council (AAPC), le lobby des constructeurs américains réunissant Stellantis et ses homologues Ford et General Motors, a également tiré la sonnette d'alarme. Son président, Matt Blunt, plaide notamment pour que les voitures et équipements qui respectent l'USMCA, l'accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, soient exemptées de droits de douane.