Thomas Buberl, DG d’AXA : « L’Europe s’est réveillée, mais pas encore levée »
Propos recueillis par Éric Benhamou et Marie-Pierre Gröndahl
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Thomas Buberl.
LTD / Simone Perolari / Leextra via opale.photo
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Thomas Buberl.
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À la tête d'Axa depuis neuf ans, Thomas Buberl, 52 ans, a redressé le quatrième assureur mondial et deuxième européen, qui compte 95 millions de clients dans 50 pays. Le chiffre d'affaires a atteint un nouveau sommet en 2024, à 110,3 milliards d'euros (+ 7 %) et le bénéfice net s'est envolé à 7,9 milliards (+ 10 %).
LA TRIBUNE DIMANCHE — Les perspectives économiques s'assombrissent, tandis que les conflits se multiplient. Comment se porte Axa dans cet univers chaotique ?
THOMAS BUBERL — Nous avons profondément transformé le groupe en dix ans. Il est aujourd'hui leader dans ses domaines d'activité, diversifié géographiquement et équilibré dans sa couverture de risques, avec 50 % de clients particuliers et 50 % d'entreprises. Axa enregistre des résultats historiques, reflétés par son cours de Bourse, en hausse de plus de 37 % en un an. Nous avons su préparer l'entreprise à un contexte plus difficile : s'adapter, c'est la clé du succès.
Le risque d'une crise financière est-il réel ?
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Les crises se succèdent, voire se multiplient. Pandémie, inflation, taux d'intérêt, Ukraine, Moyen-Orient... En résultent des moments de forte volatilité sur les marchés, accentuée par les annonces du président des États-Unis sur les barrières douanières lors du « Liberation Day », le 2 avril. De nouveaux épisodes de forte volatilité me semblent possibles, sinon probables. Deux facteurs pourraient provoquer une crise financière : la liquidité et l'endettement. La liquidité demeure abondante, grâce à l'action passée des banques centrales. Mais elles sont désormais en train de dégonfler leur propre bilan, ce qui limitera les liquidités disponibles sur le marché pour le refinancement des dettes qui ont entre-temps significativement augmenté, en particulier celles des États. Si ce dégonflement s'exécute trop rapidement, des tensions pourraient s'exercer sur les taux longs. Nous en avons déjà eu un avant-goût avec les bons du Trésor américains, dont les prix ont chuté.
Propos recueillis par Éric Benhamou et Marie-Pierre Gröndahl