Pour Thomas Remoleur, directeur général d’Olbia et Yoann Arzur, directeur général de Playground, l'héritage des Jeux de Paris est avant tout le plaisir collectif du sport et de la fête partagée.
Paris 2024 restera dans l'histoire. Pas seulement pour ses médailles, ses cérémonies, ses champions ou leurs exploits. Les Jeux ont semé une graine précieuse : l'envie de bouger, de vibrer et de se rassembler. Cet héritage immatériel est sans doute le plus puissant, car il touche à notre culture, à notre rapport aux autres, à notre manière d'habiter l'espace public. Des quais de Seine et des places de village partout en France transformés en fan-zones aux rues pleines de coureurs amateurs, nous avons vécu un moment rare d'unité et de convivialité.
Et si le véritable héritage de ces Jeux n'était pas dans les infrastructures ni dans un nécessaire mais hypothétique budget des sports, mais dans cette passion retrouvée pour le sport et la fête partagée ?
Le Marathon pour tous a marqué un tournant : pour la première fois, des dizaines de milliers de Français ont pu « courir leurs Jeux », vivre de l'intérieur une expérience autrefois réservée à l'élite. Et cet esprit participatif a dépassé la course. Les relais de la flamme olympique et paralympique ont mobilisé des milliers de porteurs et des millions de spectateurs dans toutes les régions de France. Des villages, des villes moyennes et des métropoles ont vibré au passage de la flamme. Ces moments ont montré que les Jeux pouvaient s'inviter partout, jusque dans le quotidien des Français.
Soyons lucides : l'époque n'est plus aux budgets publics et privés illimités. Les collectivités, les fédérations, les clubs, les organisateurs d'événements devront inventer autrement. Chaque euro doit servir à plusieurs causes : donner envie de pratiquer, renforcer le lien social, valoriser les bénévoles et les territoires, attirer des spectateurs, dynamiser une économie locale.
La balle est désormais dans le camp des acteurs. Et déjà, certains se saisissent de l'héritage de Paris 2024 en créant de nouveaux évènements :
La Fête nationale du sport (à partir de septembre 2024) : un rendez-vous annuel qui mobilise clubs, associations et collectivités dans toute la France pour initier petits et grands à la pratique sportive, dans un esprit festif et gratuit.
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Les Voies Royales de Saint-Denis (octobre 2025) : du 5 km au marathon, des milliers de coureurs traverseront les sites olympiques avant d'arriver sur la piste du Stade de France. Un symbole fort de l'appropriation populaire des lieux olympiques.
Le Marathon médiéval de Seine-et-Marne (2026) : une course imaginée par le département pour mettre en valeur son patrimoine historique, rassembler habitants et visiteurs, et prolonger l'esprit du Marathon pour tous.
L'IDF Gravel Festival (septembre 2025) : un nouvel événement de cyclisme gravel en Essonne, associant parcours pour tous niveaux, village festif, concerts et animations. L'exemple parfait d'une pratique en plein essor associée à la convivialité et à la découverte d'un territoire.
Et d'autres projets témoignent déjà de cette envie de prolonger l'élan olympique comme une potentielle étape Ironman 70.3 à Versailles, vitrine exceptionnelle pour le triathlon.
Paris 2024 nous a rappelé que nous aimons profondément nous retrouver, vibrer, fêter et pratiquer ensemble. Mais la suite dépend de nous. Le plus bel héritage des Jeux sera dans notre capacité à cultiver, année après année, ce plaisir collectif du sport et de la fête partagée.
Par Thomas Remoleur, directeur général d’Olbia et Yoann Arzur, directeur général de Playground