Voies sur berges : la justice donne raison à Anne Hidalgo

Le tribunal administratif de Paris entérine définitivement un arrêté favorable à la piétonnisation des voies sur berges de la Rive droite. Alors qu'une première décision judiciaire rendue en appel ce lundi par la même juridiction avait décidé de l'annulation de cette mesure, il s'agit là d'une victoire importante pour la maire de Paris Anne Hidalgo (PS) qui a fait de ce projet clivant l'un des actes fort de sa mandature.
Le tribunal administratif de Paris a donné satisfaction à la maire de Paris Anne Hidalgo (PS).
Le tribunal administratif de Paris a donné satisfaction à la maire de Paris Anne Hidalgo (PS). (Crédits : CHARLES PLATIAU)

Rien ne pourra plus empêcher Parisiens, Parisiennes et touristes de s'en aller flâner sur les berges de la rive droite à pied, à vélo ou encore en trottinette. Pour cause, un arrêté validant définitivement la piétonnisation des quais de Seine, mesure phare et polémique de la maire de Paris (PS) Anne Hidalgo, a été validé, ce jeudi, par le tribunal administratif de Paris. Le jugement prononcé rejette les requêtes introduites contre l'arrêté du 6 mars pris en urgence par la Mairie de Paris pour maintenir la piétonnisation de la voie Georges-Pompidou suite à l'annulation, le 21 février, par la même juridiction, de la fermeture à la circulation automobile. La menace d'un retour des voitures planait pourtant depuis le lundi 22 octobre et la confirmation en appel par la Cour d'appel de Paris de l'annulation de l'arrêté initial d'octobre 2016. Motif : des irrégularités constatées dans l'étude d'impact sur la pollution atmosphérique et sonore.

"L'interdiction de la circulation automobile édictée par la mairie de Paris est justifiée par la nécessité de préserver un site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco", a relevé le tribunal administratif dans sa décision. Notant que le secteur concerné se situe dans "le cœur historique de Paris et à proximité de monuments emblématiques", le tribunal a rejeté les demandes des plaignants. Ces derniers avaient fait valoir notamment que "la mairie de Paris n'est pas propriétaire du domaine public et que le classement au patrimoine de l'Humanité ne peut justifier l'interdiction de la circulation"Les opposants à la fermeture n'ont pas encore fait savoir s'ils faisaient appel ou non.

La majorité à la fête

La décision a été unanimement saluée par la majorité municipale. Dans une vidéo publiée ce jeudi sur son compte Twitter, Anne Hidalgo s'est félicitée "de la mobilisation des Parisiens et des Parisiennes". "C'est en faisant vivre ce lieu dès l'instant où nous l'avons ouvert que vous avez rendu tout retour en arrière impossible", a notamment lancé l'édile objet de nombreuses critiques dans sa gestion du dossier.

Emmanuel Gregoire (PS), premier adjoint à la mairie de Paris a également exprimé sa satisfaction soulignant, pour sa part, "une victoire de société".

Cette nouvelle décision a également soulagé le groupe communiste et Front de gauche. Ce dernier a estimé dans un communiqué que "la fermeture des voies sur berges est une décision qui va dans le sens de l'histoire". "La piétonnisation de nouvelles voies doit se poursuivre", a même suggéré de son côté l'élue de la France insoumise, Danielle Simonnet. Le député de la 18e circonscription de Paris Pierre-Yves Bournazel (Agir-Les Constructifs) s'est également réjouit de cette annonce tout en émettant des réserves.

"Cette décision permet enfin de sortir la ville de Paris des péripéties juridiques", a souligné l'élu. Toutefois, "la méthode de Madame Hidalgo a fait défaut", a-t-il taclé. "Les différents désaveux judiciaires ont montré la désorganisation et les limites du cabinet de Mme Hidalgo", a ajouté  Pierre Auriacombe, le président du groupe PPCI, proche de la LREM,

L'opposition déplace le débat sur la mobilité à Paris

Si la majorité municipale sort vainqueur de ce combat en faveur de la fermeture des voies sur berges aux voitures, ses adversaires entendent désormais polariser le débat sur la question de la mobilité dans la capitale. De fait, dans un communiqué publié ce jeudi, Les Républicains, après avoir critiqué les conséquences du projet d'Anne Hidalgo, selon eux néfastes pour les riverains des voies sur berges, insistent sur la nécessité de trouver des solutions pour améliorer les modes de déplacements à Paris afin de lutter contre la pollution. "Il est urgent de réduire la pollution dans les zones habitées", écrit le parti.

"Les riverains des berges de Seine pâtissent au quotidien des effets de la fermeture sur leur santé. La circulation a augmenté de 46% quai Henri IV, de 28% sur les quais hauts et de 13,5% sur le boulevard Saint-Germain entre septembre 2016 et septembre 2018.  Ce trafic supplémentaire affecte directement les zones habitées [...] lI est donc urgent de prendre les mesures d'accompagnement qui s'imposent. Le renforcement des modes de déplacement alternatifs à la voiture individuelle polluante doit être une priorité"

Un combat de longue haleine

Mis en place en septembre 2016, la fermeture à la circulation de ces 3,3 kilomètres de voies en plein cœur de la capitale,a  constitue l'une des mesures les plus emblématiques et aussi les plus contestées de la maire socialiste dans sa politique de restriction de la place de la voiture dans la ville.

Elle avait notamment été violemment combattue par Valérie Pécresse, la présidente (LR) de la région Ile-de-France. En pointe contre le premier arrêté, elle n'avait cependant pas attaqué celui de mars. Au total, neuf requêtes avaient été déposées par des riverains, des commerçants, des fédérations d'automobilistes, l'Association des maires franciliens ou encore le maire (LR) du 1er arrondissement de Paris, Jean-François Legaret. Elles avaient toutes été rejetées.

(Avec AFP et Reuters)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 17
à écrit le 27/10/2018 à 15:16
Signaler
Si l'on veut vraiment diminuer la pollution à Paris,il faut y interdire la circulation des véhicules thermiques et le plus tôt, ce sera le mieux. Cette mesure paraît difficile à faire accepter si on ne donne pas une carotte,aux automobilistes. Je pen...

le 27/10/2018 à 16:48
Signaler
Le patron de DS espère être sauvé par électrique. On peut rêver. Il faut effectivement commencer par offrir des alternatives confortables et pratiques de transport en commun et il n'y aura même plus besoin d'interdire les voitures thermiques dan...

à écrit le 27/10/2018 à 11:15
Signaler
C'est absurde de perdre autant de temps et d'argent dans des procédures que l'on ne voit pas souvent ailleurs dans les autres villes du monde qui ont pourtant quasiment toutes les mêmes problèmes alors qu'il valait mieux dès le départ aborder les sol...

à écrit le 26/10/2018 à 12:44
Signaler
C'est évident que cela va dans le bon sens, peut être pas de l'histoire n’exagérons rien, mais au moins dans celui du vivre ensemble. Un peu d'air dans Paris ne ferait pas de mal. Reste à régler les problèmes de circulation et à transformer les vieil...

le 27/10/2018 à 18:51
Signaler
Le moteur thermique a été une révolution qui a marqué le 20 eme siècle. Cette époque est terminée ; le moteur thermique doit disparaitre, ou au moins son utilisation doit décroitre de façon drastique. On vient de s'en rendre compte depuis quelques an...

à écrit le 26/10/2018 à 9:04
Signaler
Réjouissons nous d'une décision de justice qui entérine une disposition qui va dans le sens de l'histoire : baisser la pollution automobile et rendre l'espace urbain aux vivants ! Le niveau des commentaires qui persistent à ne pas comprendre cette...

le 26/10/2018 à 12:15
Signaler
La piétonisation n'a pas fait baisser la pollution, elle l'a déplacé, c'est confirmé par Airparif. Ensuite les piétons sur les quais ne sont pas plus vivants que les autres, ce sont seulement des oisifs qui ont le temps de se promener pendant que ...

le 27/10/2018 à 18:57
Signaler
@bof : une mesure qui augmente les difficultés de circulation pousse obligatoirement un certain nombre de conducteurs à ne plus utiliser leur voiture en ne polluant plus du tout (100 % de moins de pollution). D'autres prendront des circuits annexes e...

à écrit le 26/10/2018 à 6:57
Signaler
Paris sera une ville presque sans voiture puisqu'à partir de 2030 aucun véhicule doté d'un moteur thermique ne pourra y circuler et il y aura des péages urbains. Cherchez "Paris + critair + 2030". Je ne sais pas comment feront les professionnels à pa...

le 26/10/2018 à 12:29
Signaler
Si Hidalgo peut mener ses plans à terme, Paris sera une sorte de Disneyland géant avec des attractions culturelles (forcément.., plus question de trucs ploucs comme une grande roue ou des stands de barbapapa) à destination des touristes chinois et de...

à écrit le 25/10/2018 à 23:56
Signaler
Vivement cet hiver, que l’on puisse patiner sur la Seine. Si nous pouvions également descendre les Champs Elysées en luge se serait merveilleux. Gambadons, batifolons et plantons des oliviers Rue de la Paix. Youpi.

à écrit le 25/10/2018 à 20:39
Signaler
Au nom de l'écologie, vous devriez aussi imposer l'interdiction de circuler dans Paris pour tout les poids lourd... Comme ça les commerce fermeront et les habitants partiront aussi....

à écrit le 25/10/2018 à 20:26
Signaler
Sans doute la justice indépendante ….? donne raison à ceux/celles qui font la dépendance des autres ….

à écrit le 25/10/2018 à 20:09
Signaler
La justice ? La france est des seul des pays ou il y a deux justices: - celle pour monsieur tout le monde - celle pour l'état qui doit juger des litiges dans lequel l'état est partie prenante : résultat c'est presque toujours l'état ou équivalent ...

à écrit le 25/10/2018 à 18:29
Signaler
La justice donne peut être raison à Hidalgo, mais ce sont les électeurs qui entérineront ou pas le projet qui leur avait été imposé. Les riverains n'avaient pas été ravis de récupérer la circulation des quais, dans des rues qui n'avaient pas été p...

le 27/10/2018 à 19:08
Signaler
Tout à fait ! Et nombre de Parisiens, qui profitent des quais pietons et qui veulent préserver leur santé, sont très contents des mesures d'Hidalgo. Il faut d'ailleurs aller encore plus loin pour reduire la place de la voiture. Elle a, me semble t il...

le 31/10/2018 à 12:46
Signaler
"Depuis, ils vivaient dans les embouteillages, la fureur, le bruit et les gaz d’échappement ..." Tordre la réalité à ce point pour la faire rentrer dans un système de pensée dogmatique est juste....malhonnête ! Vous allez bientôt nous dire que les ...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.