OPINION. « Lettre ouverte aux constructeurs auto : pour un “Ding Ding” qui respecte les oreilles et sauve des vies », par Serge Orru et Stein Van Oosteren
Et si le klaxon devenait courtois ? Serge Orru et Stein Van Oosteren proposent aux constructeurs automobiles un « Ding ding » doux, à la manière d’une sonnette de vélo, pour alerter sans agresser ni mettre en danger piétons et cyclistes.
Par Serge Orru (Académie du Climat), et Stein Van Oosteren (collectif Vélo Île-de-France)
Stein Van Oosteren (à gauche) et Serge Orru (à droite) proposent aux constructeurs automobiles un « Ding ding » en complément du klaxon traditionnel.
LTD/Steven Wassenaar/Hans Lucas via Reuters ; Coll. privée
Messieurs et Mesdames les dirigeants des constructeurs automobiles,
Aujourd'hui, nous vous écrivons non pour protester, mais pour proposer.
Dans un monde urbain où cohabitent voitures, vélos, trottinettes et piétons, le bruit devient un enjeu de santé publique autant qu'un problème de sécurité. Trop souvent, le seul outil dont disposent les automobilistes pour signaler leur présence est un klaxon assourdissant, perçu comme agressif, souvent dissuasif pour l'automobiliste lui-même.
Et pourtant, combien de fois souhaiterions-nous simplement signaler notre présence de manière courtoise, douce, respectueuse ? Combien de fois un simple "Ding ding" amical suffirait à éviter une situation dangereuse sans troubler la quiétude urbaine comme le font bus et tramway.
C'est pourquoi, avec cette lettre, nous vous appelons solennellement à :
Intégrer dans vos véhicules un avertisseur sonore alternatif, doux et prévenant, à l'image de la sonnette d'un vélo ou d'un petit carillon, utilisable à basse vitesse en milieu urbain.
Contribuer à créer une culture de l'attention mutuelle dans l'espace public, en fournissant aux automobilistes des outils adaptés à un environnement partagé.
Donner à vos conducteurs la possibilité de choisir entre le klaxon d'urgence et une alerte plus civilisée, afin qu'ils puissent agir avec discernement selon les contextes.
Cette proposition ne nécessite ni avancée technologique complexe, ni révolution industrielle. Elle repose sur un principe simple et peu coûteux : permettre une communication bienveillante entre les différents usagers de la route.
Il s'agit là d'un petit son, pour un grand geste. Nous sommes convaincus que votre industrie, qui ne cesse d'innover, peut être pionnière dans ce domaine.
Nous sommes disponibles pour en discuter, enrichir cette idée et avancer ensemble vers une mobilité plus humaine.
Dans l'attente de votre réponse - et du premier « Ding ding » en ville.