Les réseaux de tramway devenus trop chers ? À Nancy, les élus en sont convaincus. Après deux ans de travaux, ils inaugurent un trolleybus électrique pour un investissement six fois moindre. Ailleurs en France, certaines villes privilégient ces nouveaux moyens de transport, moins coûteux.Construire des lignes de tramway, est-ce encore raisonnable ? Certains élus ne veulent du moins plus y croire. L'inauguration, samedi 5 avril à Nancy (Meurthe-et-Moselle) d'un réseau flambant neuf de trolleybus électriques - similaire à un tramway mais sans rails - apparaît comme le signal d'une nouvelle vague d'investissements, plus humble, dans des modes de transport moins gourmands en capitaux. « Je crois comprendre que le trolleybus électrique a retrouvé une forme d'intérêt », observe Mathieu Klein, maire (PS) de Nancy. La ligne 1 traversera l'agglomération nancéienne en diagonale, sur 10,2 kilomètres. Montant de l'investissement : 82 millions d'euros, dont 35 millions d'euros pour les véhicules livrés par le constructeur suisse Hess.
L'aménagement d'un outil de transport en commun fait traditionnellement partie des temps forts des mandats locaux. Après sa disparition pendant les trente glorieuses, quand les villes françaises offraient leur espace public à l'automobile, le tramway a opéré un retour en force entre les années 1990 et 2000. Une trentaine d'agglomérations ont, depuis lors, réintroduit ce mode de transport public. Elles en vantent les vertus, à l'unisson : forte capacité d'emport de voyageurs, réaménagements visibles de l'espace urbain. Sans oublier l'impact environnemental, et la décarbonation.
Mais, à Nancy, « mes prédécesseurs avaient imaginé un projet de tramway ferré à 500 millions d'euros », se souvient Mathieu Klein. Or, « après mon élection en 2020, j'ai trouvé sur mon bureau une lettre de la Cour régionale des comptes. Elle expliquait que si un tel investissement était confirmé, il concentrerait à lui seul toutes les capacités d'investissement du Grand Nancy sur l'ensemble du mandat », rapporte-t-il. Dans son plan métropolitain des mobilités (300 millions d'euros) adopté pour une durée de quinze ans, l'agglomération nancéienne prévoit finalement, outre le trolleybus, d'investir dans quatre lignes de bus à haut niveau de service (BHNS), et d'aménager plus de 200 kilomètres des voies cyclables sécurisées. L'ensemble reviendra moins cher qu'un tramway.
Olivier Mirguet, avec Pierre Cheminade, Florence Falvy, Amandine Ibled