Voilà un mois que Boualem Sansal a été arrêté en Algérie. Voilà un mois que nous, ses amis, nous nous mobilisons pour le ramener à la liberté. Voilà un mois que l'écrivain franco-algérien est l'objet d'une campagne d'infamie en Algérie, parfois malheureusement relayée par quelques sinistres voix françaises... Voilà un mois que notre préoccupation est immense mais, lueur dans cet océan de doutes, voilà un mois aussi que la mobilisation politique, intellectuelle, culturelle, citoyenne grandit autour du comité de soutien initié par la Revue politique et parlementaire, et d'autres en France et dans le monde.
À l'indifférence, au soupçon, à la brutalité, il faut énergiquement, et sans se poser d'autres questions que celles de l'efficacité des moyens, opposer indignation et détermination. Notamment avec cet appel international que nous lancerons nombreux ce lundi 16 décembre au Théâtre Libre de Paris.
Oui, il y a une affaire Sansal, mais pas celle de ses accusateurs et de ses diffamateurs. Il y a une affaire Sansal, parce que cet homme sur lequel pèsent des charges aussi ubuesques que fantasmatiques est la victime d'une décision que nul, lorsqu'il est un tant soit peu attaché aux principes élémentaires des droits humains, ne peut accepter et tolérer. Il y a une affaire Sansal, parce qu'elle touche aux fondements de la justice et de la conception que nous nous en faisons. Il y a une affaire Sansal, parce que jusque dans notre démocratie certains osent « mégoter » sur une solidarité qui ne devrait pas se discuter. Boualem est un homme de l'écrit, ses écrits sont tout de liberté, sa liberté est la nôtre et celle de tous les hommes qui refusent qu'on les empêche de penser par eux-mêmes, de créer pour les autres, de témoigner à la face du monde.
Georges-Marc Benamou et Arnaud Benedetti