REPORTAGE – Le hameau de la Bérarde est devenu le symbole de la menace qui plane sur les territoires de montagne, situés aux avant-postes du bouleversement climatique. Un an après sa destruction partielle, ses habitants espèrent toujours réinvestir la « Mecque de l’alpinisme ».
Pour accéder au hameau de la Bérarde depuis le village voisin de Saint-Christophe-en-Oisans (Isère), il faut emprunter une route sinueuse, taillée dans la roche, difficilement praticable l'hiver car régulièrement balayée par les avalanches.
Le lieu est aujourd'hui plus isolé que jamais. Car passé le hameau de Pré-Clot, il faut désormais braver l'interdiction des autorités pour s'aventurer sur le bitume encore accidenté par endroits, jusqu'à atteindre une passerelle en bois, qui en marque l'entrée.
De ce village de montagne et de sa cinquantaine de bâtisses nichées au cœur des Écrins, à 1.727 mètres d'altitude, il ne reste presque rien. Le 21 juin 2024, un jour de fortes pluies, un lac formé à 1 .300 mètres au-dessus sous le glacier de Bonne-Pierre se vidange. Le torrent des Étançons sort de son lit.
En l'espace de quelques heures, la Bérarde est emportée. Avec un groupe d'alpinistes qu'il encadre ce jour-là, Bruno Pellicier, guide de haute montagne, assiste médusé à la scène depuis les hauteurs du village.
« Au début, avec les pompiers, j'avais même du mal à me repérer sur les lieux », se souvient-il en retournant visiter l'endroit des mois après. Il désigne de la main un chalet encore enseveli sous les gravats, dont seul le toit de tôle dépasse encore. Dans ce sanctuaire de l'alpinisme entouré de sommets — la Meije, les Bans, l'Ailefroide —, le temps semble comme suspendu.
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