Cette fois ne sera pas la bonne. Mardi, François Bayrou discute avec Manuel Valls dans l'antichambre de l'Assemblée nationale. Il lui fait part de sa confiance. Quelques minutes plus tôt, Boris Vallaud a annoncé que les députés socialistes, qu'il dirige, déposeraient une motion de censure qui sera discutée ce mardi. Au ministre des Outre-Mer, qui est celui dont il se sent le plus proche au sein de son équipe, le Premier ministre assure que l'initiative socialiste fera chou blanc puisque, il le sait, le RN ne la votera pas.
Est-ce pour autant un signe rassurant ? Pas vraiment. Cette semaine, le conclave sur les retraites entre partenaires sociaux dont il avait été l'initiateur s'est fini en eau de boudin après le refus des organisations syndicales, et en premier lieu de la CFDT, de poursuivre les négociations comme il l'avait publiquement souhaité. Chaque jour qui passe, le socle commun sur lequel repose sa majorité très relative se disloque un peu plus sur fond d'ambitions pour 2027. À Matignon depuis près de sept mois, il bat des records d'impopularité.
Pour François Bayrou, l'automne s'annonce déjà abrupt. Qui imagine encore qu'il passera cette saison ? « Les Français se rendent bien compte que cela craque de partout et que cela aura du mal à tenir, dit Xavier Bertrand à La Tribune Dimanche. Ils pensent qu'on ne peut plus rester comme ça sans rien faire et qu'il est temps d'essayer autre chose. » « La censure de la semaine prochaine sera la dernière scène de l'acte 1, avec le PS qui attaque et le RN qui ne s'y joint pas, analyse un proche du Premier ministre. L'acte 2 s'ouvrira lors de la rentrée parlementaire, avec le PS qui continuera à attaquer et le RN qui sera probablement plus offensif. »