Le « moment Mendès » de Bayrou : comment le Premier ministre joue son avenir
Ludovic Vigogne
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François Bayrou à Matignon, le 13 juin.
LTD / Eliot Blondet/ABACAPRESS POUR LA TRIBUNE DIMANCHE
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François Bayrou à Matignon, le 13 juin.
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Le 14 mai dernier, François Bayrou est sorti très satisfait de son audition devant la commission d'enquête parlementaire sur les violences physiques et sexuelles faites aux enfants, où il s'est défendu durant cinq heures des attaques dont il était l'objet dans le cadre de l'affaire Bétharram.
« Mélenchon a dû dire à Vannier : « Ça, c'est un homme politique ! » », s'enorgueillit-il, ce soir-là, devant un proche, faisant allusion au député insoumis Paul Vannier qui n'a eu de cesse de le cibler violemment. Dans son écosystème, cette prestation lui a également fait du bien. Le patron du MoDem a été jugé habile au sein du socle commun, alors que, depuis sa nomination à Matignon, il n'y dispose que de très peu de soutien, du fait de sa procrastination, de son côté brouillon et de son image médiocre dans l'opinion.
Les semaines qui viennent lui permettront-elles de redorer de nouveau son blason ? Pour François Bayrou, après l'épreuve des textes budgétaires cet hiver, une nouvelle séquence délicate s'ouvre à la veille de cet été. Mardi 10 juin, le conclave qui se tient entre les partenaires sociaux sur les retraites doit s'achever. CFDT et le Medef trouveront-ils un accord ?
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Pour le Premier ministre, la réponse sera d'importance. C'est lui qui a initié cette grand-messe lors de son discours de politique générale le 14 janvier afin d'envoyer un signe de bonne volonté au PS, toujours décidé à avoir la peau des 64 ans. Un succès lui permettrait de revendiquer sa manière de faire, alors que tout au long de sa carrière, il a été soupçonné d'user d'une telle astuce pour chercher à gagner du temps. « Il a passé sa vie à faire des discours où il faisait l'éloge de la méthode, et où en fait il expliquait comment on pourrait faire des choses sans rien faire », ironise un député Renaissance. En revanche, un échec serait perçu comme un désaveu personnel. « Au moins nous aurons essayé », anticipe François Bayrou.
Ludovic Vigogne