Au RN, le tabou de la proportionnelle
Jules Pecnard
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La proportionnelle pourrait permettre au RN de s'implanter dans des départements où le parti est absent.
LTD / Elodie Gregoire/ABACA via Reuters
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La proportionnelle pourrait permettre au RN de s'implanter dans des départements où le parti est absent.
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Durant l'été 2024, Jordan Bardella cherche à comprendre. Le Rassemblement national a réalisé, le 7 juillet, une contre-performance aux élections législatives après un premier tour fracassant. Déçus de ses 143 sièges, qui incluent les néo alliés de l'UDR, le président du parti d'extrême droite glisse à Jean-Philippe Tanguy, l'air sûr de lui : « La prochaine fois, il nous faudra la proportionnelle. »
Grâce à elle, dit-il au député de la Somme, le RN aurait passé la barre des 200 élus. Certes, mais, loin des 289 requis pour une majorité absolue à l'Assemblée nationale, il n'aurait probablement pas gouverné. En campagne, du reste, Jordan Bardella n'a-t‑il pas appelé les Français à lui accorder ce précieux sésame ?
Un an plus tard, d'après son entourage, l'eurodéputé est dans la même disposition d'esprit. Cela tombe bien, Marine Le Pen aussi. Alors que celle-ci risque d'être confirmée inéligible dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national, dans laquelle elle a fait appel, son dauphin ne saurait acter le moindre désaccord sur un totem historique du parti à la flamme.
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« Ceux qui ne veulent pas de la proportionnelle viendraient le voir illico », éclaire un gradé du RN. Or, parmi les députés, ils sont nombreux à ne pas comprendre que leur patronne défende bec et ongles cette réforme du mode de scrutin aux législatives. L'uninominal à deux tours, malgré le « front républicain » dont pâtissent les candidats lepénistes, n'a pas empêché ceux-ci de singulièrement grossir leurs rangs depuis 2022.
Jules Pecnard
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