Condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat, Marine Le Pen a convoqué en hâte un meeting de soutien aujourd’hui à Paris. Ultime épisode d’une riposte antisystème qui tranche avec ses efforts de normalisation.Au Rassemblement national, on croit avoir trouvé la martingale. « C'est le coup d'envoi de la présidentielle de 2027 », affirmait un très proche de Marine Le Pen vendredi, à quarante-huit heures du meeting organisé à la hâte par le mouvement populiste. Comme au temps du vieux Front, on parie que les contre-manifestations organisées par la gauche ne feront qu'accroître la visibilité du raout place Vauban ce dimanche à Paris.
Seulement quelques prises de parole sont prévues : celles de la cheffe des députés RN, de son président de parti et futur remplaçant quand ça l'arrange, Jordan Bardella, du fidèle Louis Aliot et de l'allié UDR Éric Ciotti. Des amis européens tels Matteo Salvini et Geert Wilders ont été sollicités pour envoyer des vidéos de soutien qui le fera relève du Kinder Surprise. Un mystère enveloppe aussi la présence de l'extrême droite radicale, comme lors de la cérémonie d'hommage à Jean-Marie Le Pen en janvier.
Il y a six jours, Marine Le Pen imaginait-elle devoir se poser ces questions ? A-t‑elle fait exprès de ne pas anticiper le jugement du 31 mars, afin de donner la part belle à une soudaine volonté d'en découdre ? Ce jour-là, à 12 h 09, dans la salle d'audience 2.01 du tribunal de Paris, l'élue du Pas-de-Calais comprend qu'elle va vivre un scénario catastrophe.
Les juges de première instance dans le dossier des assistants parlementaires européens de l'ex-FN ont choisi de la condamner, elle et ses coprévenus, à de lourdes peines. Pour la fille de Jean-Marie Le Pen, l'amende de 100. 000 euros et les quatre années de prison - dont deux ferme - sont presque accessoires. La chape de plomb, c'est l'inéligibilité de cinq ans. Voyant venir leur effet immédiat, la fameuse « exécution provisoire », elle s'est renfrognée. Puis a quitté la scène.