LA TRIBUNE DIMANCHE — Quel est l'état d'esprit des maires à mi-mandat des prochaines municipales de 2026 ?
FRÉDÉRIC DABI — Les maires sont dans une situation paradoxale. Ils ont gagné par forfait la bataille de l'opinion face à des élus nationaux largement discrédités, comme l'a montré la révolte du local contre les élites parisiennes lors des législatives anticipées. S'il y a une confiance très forte des citoyens dans leur maire, ceux-ci expriment en revanche une lassitude face à des contraintes budgétaires intenables et aux injonctions contradictoires de leurs administrés. Ils ont le sentiment que l'État les a dépossédés de leurs principales ressources, alors même que l'exigence des habitants à leur égard ne fait que croître. Seuls à être à portée d'engueulade, pour ne pas dire à portée de baffe, parfois agressés verbalement ou physiquement, les maires sont le dernier rempart de la République face aux divisions de la société.
De plus en plus de maires organisent des débats citoyens avant de prendre des décisions. Ce dialogue direct est-il une réponse à la crise démocratique ?