C'est l'ultime volte-face. La dernière chance pour trouver un accord, après des mois de discussions. Dans ce conclave, les portes ont claqué - FO, la CGT et l'U2P sont partis. Une fois n'est pas coutume, le clan patronal s'est déchiré... Sous la houlette de Jean-Jacques Marette, placé en médiateur par Matignon, patronat et syndicats disposent encore de quelques heures pour batailler. Medef et CFDT doivent échanger ce dimanche, avant la dernière séance de négociation, mardi, qui promet d'être houleuse.
À Matignon, François Bayrou surveille presque heure par heure les échanges. Le Premier ministre martèle « qu'un chemin est possible », que sa méthode, à laquelle personne ne croyait il y a encore quelques jours, est susceptible d'ouvrir une voie. « Cette semaine, alors qu'on partait de positions très éloignées, il me semble que les choses ont quelque peu avancé, confiait-il vendredi soir à La Tribune Dimanche.
« Peut-être suis-je trop optimiste, mais il y a encore un an à peine ils défilaient dans les rues les uns contre les autres. » Et d'ajouter : « Je pense que la possibilité existe de trouver un accord dynamique, car ce qui est en gestation, c'est le retour de la démocratie sociale. » Pour faciliter cet accouchement tant attendu, le centriste est prêt à intervenir, voire à interférer : en laissant plus de temps aux partenaires sociaux pour conclure, mais aussi en prenant des initiatives gouvernementales, dès le début de semaine.
Il ne souhaite pas en dire plus, mais, selon nos informations, le locataire de Matignon envisage la mise en place d'une prime seniors, en sus des surcotes existantes, pour inciter ces derniers à travailler au-delà de l'âge légal. Une façon de soutenir les employeurs, mais aussi, pour les syndicats, de mieux faire passer la pilule d'un maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans.