À l'entrée du marché de Montargis, le député du Loiret Thomas Ménagé ne mâche pas ses mots pour qualifier la justice, et la sanction d'inéligibilité prononcée lundi par le tribunal correctionnel de Paris. « Une décision politique [...] prise par des juges partiaux » pour empêcher à Marine Le Pen d'être candidate. « Ils ne sont pas tous comme ça », veut nuancer le député du Rassemblement National.
Pour en témoigner, il n'a pas hésité à venir avec son compagnon, lui-même magistrat. Derrière lui, il récolte des signatures pour la pétition. « C'est vrai, glisse ce dernier auprès d'un habitant. Une partie de mes collègues sont politisés. »
Moins d'une semaine après la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, Thomas Ménagé a pu rentrer à Paris rassuré. Les 4,1 millions d'euros de préjudice estimé ne semblent pas lui avoir fait perdre le soutien de ses électeurs. Marie Gomez hausse les épaules à la mention de la condamnation. « Alors quoi ? Ils le font tous », balaie la septuagénaire, entourée de ses deux amies qui acquiescent vigoureusement.
« Moi je dis : ça n'est pas juste qu'elle ne puisse plus se présenter », poursuit-elle. « Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel, c'est ça qui compte », appuie son amie, Einrich, 71 ans. « C'est à nous de choisir », cingle Benoît, un enseignant, reprenant ainsi les éléments de langage du député avec lequel il vient de s'entretenir longuement. Il ajoute : « si on n'est pas contents, on les dégage. »