Gouvernement Bayrou : un casting déjà contesté
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Le gouvernement Bayrou devra trouve un accord sur le budget et ne pas se faire censurer.
LTD/Eliot Blondet/Abaca
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Le gouvernement Bayrou devra trouve un accord sur le budget et ne pas se faire censurer.
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Après une nomination le 13 décembre dernier, François Bayrou a finalement dévoilé lundi soir la composition de son gouvernement. Ce nouvel exécutif, composé de personnalités issues de la droite et d'ex-socialistes, a suscité de vives réactions dans l'opposition comme dans la société civile.
Parmi les figures marquantes du gouvernement, on retrouve Élisabeth Borne, nommée ministre de l'Éducation nationale, et Gérald Darmanin, devenu Garde des Sceaux. Bruno Retailleau conserve l'Intérieur, tandis qu'Éric Lombard prend les rênes à Bercy. Manuel Valls fait son retour aux Outre-mer et Rachida Dati reste à la Culture.
Laurent Wauquiez, chef de file des députés LR, a immédiatement fixé les limites de son soutien, avertissant que ce dernier pourrait être « retiré » si le cap affiché par le gouvernement ne répondait pas aux attentes de redressement du pays. « Notre soutien ne peut être que très exigeant. Nos votes se décideront texte par texte », a-t-il déclaré.
Il a aussi critiqué la composition du gouvernement, qualifiée de « forte présence de la gauche », et a souligné que les équilibres politiques n'étaient pas à la hauteur du poids parlementaire de son parti. Le nombre de ministres issus de LR est passé de 12 dans l'équipe de Michel Barnier à 7 seulement. « L'engagement de François Bayrou (un tiers de ministres LR) n'a pas été respecté », a déploré Laurent Wauquiez.
Face à ces critiques, le Premier ministre a répliqué sur BFMTV :
La gauche, de son côté, n'a pas tardé à exprimer son indignation. Olivier Faure, chef du PS, a qualifié ce gouvernement de « provocation », le décrivant comme un exécutif de « droite extrême ». Ce matin, le patron des socialistes a ajouté qu'« aucune des conditions n'a été respectée par François Bayrou » pour établir un pacte de non-censure entre le Premier ministre et le Parti socialiste. Marine Tondelier, des écologistes, a parlé d'« indignité » et a accusé François Bayrou de se placer « entre les mains de l'extrême droite ».
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Jean-Luc Mélenchon, chef de file des Insoumis, a, quant à lui, fustigé sur X « un gouvernement rempli de gens désavoués dans les urnes » et a réclamé une motion de confiance, affirmant que « seule la censure permettra de dire Non à ce déni du vote des Français ».
Néanmoins, François Bayrou a, d'ores et déjà, annoncé, lundi soir sur BFMTV, qu'il ne solliciterait pas la confiance de l'Assemblée sur sa déclaration de politique générale le 14 janvier. « Dans la foulée de cette déclaration de politique générale, il y aura une sorte de vote de confiance parce qu'il y aura probablement une motion de censure », a fait valoir le Premier ministre, qui « respecte le fait que des forces politiques n'ont pas envie d'être assimilées contre leur gré à la politique du gouvernement ».
Du côté du Rassemblement national, son président, Jordan Bardella, a, lui, ironisé sur « la coalition de l'échec », ajoutant que son parti serait « prêt pour l'alternance » en 2025. Ces nombreuses critiques émanant du Nouveau front populaire et du Rassemblement nationale font craindre une censure du gouvernement venue des mêmes rangs que celle qui fait chuter le gouvernement Barnier.
Du côté des organisations patronales, l'heure est à l'expectative et aux exigences. Le Medef a appelé le gouvernement à assurer « stabilité et visibilité », tout en mettant l'accent sur la réduction des dépenses publiques et la promotion de la croissance.
François Asselin, président de la CPME, a insisté sur la nécessité d'une « vraie action sur les dépenses de fonctionnement » et d'une « stabilité fiscale ». Il a prévenu que « toute augmentation du coût du travail » serait inacceptable. Au cours des dernières semaines, il avait fustigé la censure ayant mis fin au gouvernement Barnier.
Dans le même temps, le Syndicat des Indépendants (SDI) a souligné l'urgence d'éviter la « paralysie politique », réclamant « aucune hausse des prélèvements obligatoires » et appelant à une réforme du temps de travail.
A Bercy, Éric Lombard, ex-directeur général de la Caisse des dépôts, a été nommé ministre de l'Économie et des Finances. Avec Amélie de Montchalin aux Comptes publics, il aura la tâche ardue de préparer un budget dans un climat marqué par la censure du gouvernement précédent. Pour l'instant, une « loi spéciale » assure le fonctionnement minimal de l'État. François Bayrou a assuré qu'il n'utiliserait l'article 49 alinéa 3 de la Constitution qu'en « extrême urgence » pour faire voter le budget.
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Des débats décisifs sont attendus dès le 13 janvier, un jour avant le discours de politique générale. La France insoumise a déjà annoncé son intention de voter la censure. En l'absence de ministres issus du Nouveau Front Populaire et face à une droite représentée par des poids lourds, le gouvernement Bayrou devra donc manœuvrer habilement pour éviter de subir le même sort que son prédécesseur.
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