Une année achevée comme elle a commencé, ou quasiment. En janvier 2024, à l'orée de la campagne des élections européennes, Marine Le Pen et Jordan Bardella officialisaient leur « ticket » politique dans les colonnes du Journal du Dimanche. À l'une l'ambition présidentielle, à l'autre la préparation au poste de Premier ministre. Le tandem n'avait plus rien de secret - la cheffe des députés Rassemblement national et celui du parti d'extrême droite font tout de concert depuis quelques années déjà -, mais il a jugé bon de se nimber d'un cérémonial médiatique.
Bien lui en a pris : le 9 juin, la liste Bardella a été la première à dépasser les 30% aux européennes depuis Simone Veil en 1984. Qu'importe si le contexte, mêlant inflation latente et affaissement du macronisme, a joué à plein. La victoire éclatante du RN a validé une répartition des rôles d'un genre nouveau, jamais vu comme tel sous la Ve République.
Marine Le Pen deuxième chez les plus de 70 ans
Malgré des législatives anticipées mi-chèvre mi-chou et la censure du gouvernement Barnier, deux événements qui ont rappelé aux électeurs l'essence protestataire du frontisme, ses têtes d'affiche restent au firmament. Marine Le Pen et son poulain - qui fêtera sa trentaine l'été prochain - côtoient les célébrités qui ont marqué les Français cette année. Est-ce finalement cela, la banalisation suprême du national-populisme ?
Dans l'enquête de l'institut Ipsos pour La Tribune Dimanche, la députée du Pas-de-Calais arrive même en tête des personnalités féminines de 2024, devant Gisèle Pelicot et l'actrice Audrey Fleurot. Les hommes classent Jordan Bardella en quatrième position du palmarès masculin derrière Léon Marchand, Teddy Riner et Antoine Dupont ; pour les femmes, il occupe la troisième place.