L’association des maires de France organisait ce mardi 17 septembre sa conférence de presse de rentrée. Accusés par Bercy de creuser le déficit, les édiles ont tenu, à nouveau, à se défendre chiffres à l’appui. Et ce, en n’oubliant pas de rappeler le rôle de « stabilité » que jouent les communes dans un contexte politique instable depuis la dissolution de l’Assemblée nationale.« Attaquer les communes, c'est devenu quasiment la raison de vivre de certaines administrations ! Je pense à Bercy, bien sûr... Qui n'y penserait pas ? » C'est par une formule assassine, à l'occasion de la conférence de presse de rentrée de l'association des maires de France (AMF), ce mardi 17 septembre, que le 1er vice-président délégué de l'association et maire d'Issoudun (Indre), André Laignel, a résumé le sentiment partagé par les édiles en cette fin d'été. Amers, les élus locaux n'ont pas du tout apprécié d'être tenus responsables de la dégradation des finances publiques par le ministre démissionnaire de l'Economie, Bruno Le Maire. Pour se défendre, l'AMF souligne que « la dette des collectivités est stable depuis 30 ans, voire en légère diminution, passant de 9% du PIB en 1995 à 8,9% en 2023, et elle ne finance que l'investissement ».
Début septembre, l'ex-patron de Bercy avait alerté la Commission des finances de l'Assemblée nationale sur la croissance « extrêmement rapide » des dépenses des collectivités territoriales cette année, à hauteur de 16 milliards d'euros. Dans une réponse au ministre démissionnaire publiée par La Tribune, le président du Département de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, avait dénoncé « la mauvaise foi évidente dans le rôle que joue le gouvernement à l'égard de cette situation ». « Un enfumage, une fable », a même osé, ce mardi, André Laignel, face à la presse.
Les communes, « un pôle de stabilité »
Alors que la préparation du budget 2025 tourne au vaudeville - le président et le rapporteur du budget de la Commission des finances du Palais-Bourbon, Eric Coquerel et Charles de Courson, n'ayant pas eu accès aux documents financiers qu'ils étaient venus chercher à Matignon ce mardi -, et que la nomination du gouvernement de Michel Barnier se fait toujours attendre, « les communes sont plus que jamais un pôle de stabilité et un repère pour les Français », défend l'AMF. Pour enfoncer le clou, l'association va lancer la semaine prochaine, et jusqu'au Congrès des maires qui se déroulera les 19, 20 et 21 novembre, une campagne de communication au titre explicite : « Les communes... Heureusement ! »