OPINION. « Dominique de Villepin a le courage de rechercher la vérité », par Philippe Brun, député PS de l’Eure
Propos recueillis par Caroline Vigoureux

Philippe Brun, député socialiste de l'Eure, en 2022.
LTD/Romain GAILLARD/REA
Propos recueillis par Caroline Vigoureux

Philippe Brun, député socialiste de l'Eure, en 2022.
LTD/Romain GAILLARD/REA
On ne saurait comprendre la popularité nouvelle de Dominique de Villepin sans analyser, dans le même temps, la dérive dangereuse du camp de la droite et du centre vers celui du néoconservatisme américain. L'alignement inconditionnel de la classe politique française sur « l'Occident », quelles que soient ses fautes, tourne le dos au discours universel de la France, à sa politique arabe et africaine, à ses positions singulières dans le concert des nations qui ont su être entendues au-delà de nos frontières.
À l'Assemblée, à de très rares exceptions près, députés macronistes et LR votent ensemble contre l'application des mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale visant Benyamin Netanyahou, défendent la colonisation israélienne, demeurent silencieux sur le massacre à Gaza, se satisfont de l'absence de réciprocité dans nos relations commerciales avec les États-Unis.
Que dire de l'unanimisme du « socle commun » dans sa haine irrationnelle de l'Algérie, née bien avant l'emprisonnement scandaleux de Boualem Sansal. Ce pays frère avec lequel nous partageons 132 ans d'histoire commune et de très nombreux intérêts n'a jamais eu de mal à reprendre promptement ses ressortissants expulsés sous les mandats de Jacques Chirac ou de François Hollande.
La voix singulière de Dominique de Villepin dans le débat public fait naître en nous la nostalgie d'une droite sachant faire vivre ce « pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde » pour reprendre les mots du général de Gaulle. La qualité de son verbe, la précision de ses analyses tranchent avec la médiocrité généralisée, les vidéos TikTok d'anciens Premiers ministres en mal de popularité, les propos définitifs et polarisants à souhait des hommes politiques pour « mobiliser leur socle ».
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Dominique de Villepin a le courage de rechercher la vérité et de la dire. En 2003, son discours à New York fut une part de notre honneur, et désormais une part de notre histoire. Le temps s'en souviendra.
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Propos recueillis par Caroline Vigoureux