À la commission d'enquête Tiktok, les députés effarés par l'attitude des influenceurs
Mathis Beautrais

Le snapchateur Nasdas lors de son audition à l'Assemblée nationale.
LTD / Eliot Blondet / ABACA via Reuters
Mathis Beautrais

Le snapchateur Nasdas lors de son audition à l'Assemblée nationale.
LTD / Eliot Blondet / ABACA via Reuters
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L'un enchaîne les blagues graveleuses, l'autre s'enquiert du salaire du député qui l'interroge et un troisième raccroche en plein entretien. Ces extraits des auditions d'influenceurs menées mardi 10 juin par la commission d'enquête parlementaire sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs ont fait sourire au-delà des couloirs de l'Assemblée. « C'était important de montrer le malaise suscité par ces personnages, relate Laure Miller, députée EPR et rapporteure de la commission. Je pense que c'est réussi. »
Les créateurs de contenus reçus ont été identifiés grâce aux témoignages d'utilisateurs les désignant comme « problématiques », selon Laure Miller. Parmi eux : Nasdas, 9 millions d'abonnés sur Snapchat, connu pour distribuer de l'argent aux jeunes de quartiers populaires - parfois fugueurs - qui viennent à sa rencontre. Avant de se retirer des réseaux sociaux il y a quelques semaines, l'homme mettait aussi en scène le quotidien d'un groupe de mineurs vivant à ses côtés. Des contenus « violents et sexistes », s'insurge Léa Balage El Mariky, députée écologiste de Paris, alertée par des familles de sa circonscription.
« Ces influenceurs n'ont pas conscience de leur responsabilité, poursuit l'élue. Ce sont des gens richissimes, je suis très étonnée qu'ils ne soient pas davantage conseillés. » Même constat pour Antoine Vermorel-Marques (LR), interloqué d'entendre Nasdas admettre sans mal avoir rémunéré des mineurs ou fait la promotion d'offres de paris sportifs en dehors de tout cadre réglementaire. « Parce qu'ils sont derrière un écran, ils pensent qu'ils peuvent tout faire impunément, avance-t‑il. Et ils le font de manière tellement inconsciente qu'ils sont prêts à le dire devant une commission d'enquête, sous serment et sans aucune gêne. »
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D'autres, comme AD Laurent, ciblé pour ses propos misogynes récurrents, ont renvoyé à la plateforme la responsabilité de vérifier l'âge des utilisateurs. Questionnés jeudi 12 juin sur leur politique de modération, les responsables de TikTok ont évoqué plusieurs outils permettant de filtrer les contenus. Sans convaincre. « Leurs réponses n'étaient pas à la hauteur, cingle Laure Miller. On parle de jeunes qui ont été traumatisés par ce qui circule sur les réseaux. Et il y a un lien avec la violence qui s'exprime chez certains. » Les conclusions de la commission seront rendues publiques début septembre.
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