Quand vient le week-end, François Hollande engloutit cinq heures de route pour filer vers la Corrèze. Il y passe trois jours à sillonner, à l'arrière de sa voiture, les 175 communes de sa circonscription, de l'anniversaire d'un club de foot à l'inauguration d'un étang en passant par une kermesse, de 8 heures à 23 heures sans interruption.
Au programme : merguez, frites, serrages de mains, discours improvisés, selfies, toujours dans son costume noir, qu'il porte même sous une chaleur caniculaire. Sa ferveur à faire les mêmes choses semble intacte. « J'ai fait ça toute ma vie, nous glisse l'ancien chef de l'État entre deux arrêts sur les routes vertes et vallonnées de ce département. On pourrait trouver que c'est un retour régressif, mais c'est ce que je dois aux électeurs. Ils n'ont pas voté pour un ancien président virtuel, mais pour un François Hollande qui va les rencontrer. » Voilà un an que l'ancien locataire de l'Élysée est redevenu parlementaire. Dans son agenda, les déplacements à l'étranger sont se sont raréfiés.
« Salut François ! » À Tulle, les habitants le tutoient. L'été, certains touristes viennent au marché dans l'espoir, souvent concrétisé, de voir en vrai un ancien président acheter lui-même son poulet, ses fraises et son pain. C'est ici même que tout avait commencé, lorsqu'en 1988 il avait été élu député de Corrèze, à 33 ans. Et c'est là que tout a recommencé le 7 juillet dernier, lorsqu'il a été réélu député un mois avant ses 70 ans. Il les a fêtés chez lui, dans cette maison qu'il possède depuis cinq ans sur les hauteurs de la ville, où il passe ses week-ends avec l'actrice Julie Gayet, son épouse, qui s'est elle-même investie dans la vie locale.