LA TRIBUNE DIMANCHE — Quelles demandes portez-vous auprès du gouvernement ?
PHILIPPE BRUN — Nos demandes concernent la réforme des retraites, la justice fiscale, les services publics et la relance économique. Nous proposons une autre trajectoire budgétaire, qui ramènerait l'effort de 60 à 40 milliards d'euros d'économies, afin de ne pas casser la croissance française. L'effort demandé aux collectivités doit être réduit, et les jours de carence pour les fonctionnaires supprimés. C'est aux secteurs qui ont le plus profité de la crise d'être mis à contribution : les armateurs, les marchés financiers, ou encore ceux qui spéculent sur le prix de l'énergie. Et puis nous demandons bien sûr la suspension de la réforme des retraites et le renvoi à des négociations.
Parmi ces demandes, quelles sont vos lignes rouges ?
Le principe de l'accord de non-censure, c'est justement d'avancer les uns vers les autres, et donc de faire tomber les lignes rouges. Mais si je devais m'exprimer sur les sujets d'une particulière importance pour nous, je dirais qu'il y a la question centrale des retraites et celle de la justice fiscale.
Le gouvernement de Michel Barnier avait déjà échoué à trouver un accord de non-censure. Qu'est-ce qui vous dit que cela serait différent cette fois-ci ?
La différence, c'est d'abord que le gouvernement a pris acte de sa minorité et a accepté de discuter avec la gauche. Aujourd'hui, François Bayrou est face à un choix clair : soit il trouve un accord avec la gauche, soit il s'entête et connaît le même sort que Michel Barnier. L'accord de non-censure - j'en suis le théoricien -, c'est quelque chose de nouveau dans la vie politique française. Nous proposons de ne pas censurer un gouvernement minoritaire en échange de la reprise de nos principales propositions. C'est évidemment un travail de discussion de longue haleine. Personne ne comprendrait que, après cet effort très important consenti par les socialistes, les communistes et les écologistes, une fin de non-recevoir nous soit opposée par François Bayrou.
Léna Ménager (propos recueillis)