LA TRIBUNE DIMANCHE - Quelle signification faut-il donner à votre nomination, en tant que proche d'Édouard Philippe ?
LAURENT MARCANGELI - Nous avons rapidement décidé de participer au gouvernement de François Bayrou, comme aux précédents. J'ai jugé utile d'être présent dans cette équipe, d'abord pour relever le défi de la période instable et inédite que nous vivons. Je suis proche du fondateur d'Horizons, ma nomination n'est donc pas un signal neutre. Je compte bien assumer ce lien de fidélité à Édouard Philippe, qui n'est pas antinomique avec une solidarité gouvernementale. Par le passé, des ministres de ce gouvernement ont pu s'affronter de manière franche. Par exemple, j'ai été il y a une dizaine d'années un opposant de ceux auxquels participaient Manuel Valls et François Rebsamen. Aujourd'hui, je suis leur collègue, car l'intérêt supérieur du pays commande de se rassembler.
Ce gouvernement n'a-t-il pas des airs de « dernière chance » pour le bloc libéral proeuropéen ?
En politique, rien n'est jamais foutu. Au cours de son histoire, la France a su se relever de beaucoup d'épreuves. Je ne veux donc pas être de ceux qui tiennent un discours catastrophiste, car les Français veulent aussi entendre des choses positives. Le débat politique est créé par les élections et, jusqu'à preuve du contraire, nous n'en avons pas jusqu'aux municipales de mars 2026. Je veux rendre utile chaque jour qui est devant nous.
François Bayrou dit vouloir s'affranchir de la tutelle du Rassemblement national à l'Assemblée. Avec un bloc d'extrême droite de 143 sièges sur 577, n'est-ce pas une vue de l'esprit ?