Quelques minutes plus tôt, il a participé à son dernier Conseil des ministres. Mercredi, de retour à Matignon, Michel Barnier a convié pour le déjeuner six élus étiquetés LR, son parti. Autour de la table, quatre d'entre eux sont ministres, Annie Genevard (Agriculture), Patrick Hetzel (Enseignement supérieur), Othman Nasrou ( Citoyenneté ) et Alexandre Portier (Réussite scolaire).
Deux jours tard, ils seront au premier rang lors de sa passation de pouvoir avec François Bayrou. Les deux autres sont la sénatrice de Paris Agnès Evren et la première vice-présidente de la Région Île-de-France, Florence Portelli, très présentes cet automne sur les plateaux télé. Également invités, Bruno Retailleau, qui avait déjà déjeuné avec lui en tête à tête le 6 décembre, et François-Xavier Bellamy n'ont pas pu venir.
Si celui qui est encore Premier ministre pour quarante-huit heures a voulu tous les réunir, c'est pour les remercier de l'avoir ardemment soutenu et activement défendu durant ses trois mois Rue de Varenne. À ses invités, Michel Barnier, affecté, ne le cache pas : il aurait aimé que son bail dure plus longtemps et accepté de rempiler si Emmanuel Macron lui avait proposé d'être reconduit au lendemain de la motion de censure dont il a été victime. Cela n'a pas été le cas.
Avec eux, il veut donc commencer à réfléchir à la suite, à « sa » suite plus précisément. Comment pourrait-il capitaliser sur ses quatre-vingt-dix-neuf jours à Matignon, dont il sort avec une belle cote de popularité et alors qu'il reçoit de nombreux messages de soutien ? Quels doivent être, demain, son rôle, sa place au sein des Républicains ? Tandis que ceux-ci n'ont toujours pas de leader évident malgré le retour à l'Assemblée et sur la scène nationale de Laurent Wauquiez, Michel Barnier a toujours envie d'être « utile ».