Récit. La fin de vie ou l’histoire secrète d’un texte maudit

Caroline Vigoureux
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Le vote du projet de loi sur la fin de vie, qui suscite des divergences, est prévu le 29 mai prochain.
LTD/Doriano Strologo

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Le vote du projet de loi sur la fin de vie, qui suscite des divergences, est prévu le 29 mai prochain.
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Il est 23 h 55 ce 7 juin 2024. L'hémicycle de l'Assemblée nationale se vide pour le week-end. « À lundi ! » concluent, fatigués, les députés qui examinent le projet de loi du gouvernement sur la fin de vie. Mais personne ne se retrouvera quarante-huit heures plus tard. La dissolution annoncée avec fracas par Emmanuel Macron le dimanche soir balaie tout, ce texte compris. Les huissiers du Palais-Bourbon sont même contraints d'aller vider les pupitres de l'hémicycle pour rapporter leurs affaires aux parlementaires. Les jours suivants, des malades, principalement de Charcot, disent sur les plateaux télé leur colère de se « voir condamnés à l'agonie ». Les députés digèrent mal aussi ce mauvais coup de théâtre, à seulement sept jours du vote. Comment ce texte peut-il être une nouvelle fois pulvérisé ?
Quatre ans plus tôt, le 8 avril 2021, à la même heure, dans ce même hémicycle, les députés venaient de voter l'article 1er d'une proposition de loi sur la fin de vie portée par le député de la Charente-Maritime Olivier Falorni. Pour la première fois, l'Assemblée nationale française marquait son soutien à une aide active à mourir, avec 240 votes pour sur les 301 députés présents. Mais l'affaire en était restée là. Parce qu'il s'agissait d'une niche parlementaire, et qu'à minuit la séance s'achevait.
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Tous ces aléas ont offert du temps au président. Depuis le début, Emmanuel Macron hésite, lui qui avait confié qu'à titre personnel il aimerait « choisir [sa] fin de vie ». À l'Élysée, il organise durant ses deux mandats plusieurs dîners consacrés au sujet avec des philosophes, des médecins et des représentants des cultes. Chaque fois, il parle peu et écoute, insondable. À peine glisse-t‑il que le sujet est « intimidant ».
Caroline Vigoureux