Retraites : un conclave qui s'achève sur un accord minimaliste
Fanny Guinochet
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Le président du Medef, Patrick Martin, à Matignon le 24 juin.
LTD/Alain JOCARD / AFP
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Pas question de retourner à la table des négociations. Vendredi, Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT, a adressé une fin de non-recevoir à la proposition de François Bayrou de prolonger le conclave une quinzaine de jours. La CFTC et CFE-CGC ont suivi. Le patronat s'en est réjoui. Même si facialement il se montrait ouvert à des discussions, il ne voulait guère repartir dans la négociation. « La grand-messe tous les jeudis, autour du médiateur Jean-Jacques Marette, on a donné pendant cinq mois, ça suffit... », résume un membre du Medef.
Entre patronat et syndicats, les discussions se poursuivent néanmoins sur d'autres sujets : ainsi sont-ils parvenus, mercredi soir, à s'entendre sur les reconversions professionnelles. Mais la portée de cet accord est évidemment bien moindre que celle du dossier des retraites, où les clivages sont loin d'être dépassés. Sur les points les plus durs, comme la pénibilité ou le financement du régime, les pourparlers sont au point mort.
La CFDT continue d'exiger que les critères ergonomiques - le port de charges lourdes, l'exposition aux postures pénibles et aux vibrations mécaniques - ouvrent des droits à des départs anticipés quasi automatiques, en guise de réparation. Le patronat refuse, arguant que cela reviendrait à créer de nouveaux régimes spéciaux.
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« Aujourd'hui déjà, près de 4 actifs sur 10 partent avant l'âge légal grâce à différents dispositifs, explique l'entourage du président du Medef, Patrick Martin. Et la CFDT voudrait que demain il y en ait 4 millions de plus... soit plus d'une personne sur deux. Insensé et intenable financièrement ! » Le patronat exige qu'un départ anticipé soit soumis à l'autorisation d'un médecin du travail. « Il y a peut-être un équilibre à trouver entre réparation et prévention, tout n'est pas perdu », veut croire Matignon, qui martèle qu'une voie de passage est possible.
Fanny Guinochet
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