C'est un moment crucial dans l'affaire qui chamboule depuis un an et demi Nestlé Waters, filiale française du groupe Nestlé qui produit les eaux Perrier (à Vergèze, dans le Gard), ainsi que Vittel, Hépar et Contrex (dans les Vosges).
Lundi 19 mai, une commission sénatoriale présentera les conclusions de son enquête sur les pratiques des industriels de l'eau en bouteille. « Ce moment vient clôturer un travail sénatorial d'un an et demi », lancé après la révélation par la presse, en janvier 2024, du recours par Nestlé Waters à des traitements interdits sur ses eaux minérales « naturelles », explique la sénatrice écologiste Antoinette Guhl, qui avait conduit une « mission flash » sur le sujet l'année dernière.
Une pratique qui, selon Nestlé, n'a jamais mis en danger la santé des consommateurs, mais illicite par rapport à la définition des eaux minérales naturelles, qui justifie leurs prix plus élevés.
Le rapport transpartisan publié demain, après cinq mois d'auditions extrêmement tendues, doit clarifier la nature et la responsabilité de ces dysfonctionnements. Les entretiens déjà rendus publics ont toutefois déjà levé tout doute sur les « fraudes commises par Nestlé jusqu'en 2023, à la fois dans les Vosges et à Vergèze, sur l'ensemble de ses eaux », affirme Antoinette Guhl. « Les consommateurs ont été floués, ils ont payé beaucoup trop cher une eau qui n'était en fait qu'une eau du robinet », déplore la sénatrice.