Les professionnels du secteur évoquent « une douche froide ». La semaine dernière, les gestionnaires de crèches ont été informés par leurs représentants que la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) envisageait de ne pas revaloriser, en 2025, la prestation de service unique (PSU). Cette aide, en deux enveloppes allouées à l'investissement et au fonctionnement des structures de la petite enfance, représente plus de 50 % du coût de fonctionnement des 21 000 crèches françaises - selon ces dernières -, qu'elles soient publiques ou privées.
« Ces aides sont normalement indexées sur l'inflation, explique Jean-Emmanuel Rodocanachi, fondateur du groupe Les Petits Chaperons rouges, qui gère 23 000 places dans 830 crèches sur tout le territoire. Or les coûts de fonctionnement (salaires, énergie, nourriture, couches...) ont pris 25 % en trois ans. »
Selon les représentants des crèches, Bercy envisagerait, pour aider à combler le déficit de l'État, de récupérer 200 millions d'euros d'une enveloppe allouée à l'investissement qui ne sera pas utilisée en 2025 pour sa finalité initiale : ouvrir de nouvelles places. Ce projet sera, selon eux, soumis au vote lors du prochain conseil d'administration de la Cnaf. « Une décision dramatique et incompréhensible ! » s'emporte Jean-Emmanuel Rodocanachi. Les gérants de crèches préféreraient que ces montants soient sanctuarisés et fléchés vers le fonctionnement plutôt que retirés.
La CNAF affirme que la convention d'objectifs et de gestion (COG), décidée en 2023, prévoyait une augmentation de 1,4 milliard d'euros des financements consacrés aux crèches, dont 548 milliards d'euros pour la PSU, 425 milliards d'euros pour le bonus territoire (contrat de financement par place de crèche) et 428 milliards d'euros pour les financements ciblés sur la qualité d'accueil, l'attractivité salariale, l'accueil d'enfants porteurs de handicap ou issus de familles précaires.