Céline Greco, au combat pour l’enfance maltraitée
Propos recueillis par Sophie Iborra

Céline Greco, professeure, maltraitée étant enfant, elle en a fait son combat grâce à son association Im'pactes fondée en 2022.
LTD/B4CCUS – Baptiste Gleizer
Propos recueillis par Sophie Iborra

Céline Greco, professeure, maltraitée étant enfant, elle en a fait son combat grâce à son association Im'pactes fondée en 2022.
LTD/B4CCUS – Baptiste Gleizer
Elle est devenue médecin parce que c'était son rêve de petite fille. Un rêve devenu réalité malgré les maltraitances subies enfant - et non détectées pendant longtemps -, malgré le placement en foyer. Car c'est cela, son combat : faire en sorte que les enfants confiés à l'ASE, l'aide sociale à l'enfance, ne renoncent pas à leurs ambitions et qu'ils puissent être médecin, avocat, ingénieur, pilote d'avion ou électricien. « On tue les rêves des mômes », regrette celle qui, révoltée par le système, veut que ça change. Un système dont elle connaît les failles. Notamment celle qui pousse à rendre le jeune autonome très vite, pour qu'à 21 ans, soit à la fin de sa prise en charge, il dispose d'un métier. Un jeune orienté de facto vers des études courtes. Or, dit Céline Greco, « 1 % seulement accède à des études supérieures ».
« Tous les enfants ne veulent pas être plombier ou coiffeuse. Ils le peuvent, bien sûr, mais ils ne doivent pas renoncer à ce qui les fait vibrer. » Im'pactes, l'association qu'elle a fondée en 2022, veut donc combler les failles et accompagner chaque enfant dans sa scolarité, sa santé et l'accès à la culture, un triptyque pour « garantir un avenir égal » à ceux qui subissent des violences physiques, sexuelles, psychologiques. « L'une ne va jamais sans l'autre », précise Céline Greco, qui rappelle qu'en France 14 % des enfants sont concernés, et que les conséquences se mesurent aussi à une espérance de vie risquant d'être diminuée de vingt ans.
La santé est d'ailleurs peu considérée dans la prise en charge d'un enfant maltraité. Ce que regrette la professeure Greco, elle qui n'a pesé que 31 kilos à la période délicate de son adolescence, et qui ouvrira en 2025 dans le 12ᵉ arrondissement de Paris un premier centre d'appui à l'enfance baptisé Asterya. Des bilans diagnostiques de santé somatique et psychique y seront pratiqués, avec parcours de soins adaptés, y compris dans la durée, pour chacun. Un projet qui fait appel au mécénat pour la construction du pavillon attenant au bâtiment existant, qui nécessite un investissement de 7 millions d'euros.
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« Je suis en levée de fonds permanente », note-t-elle. Et Céline Greco se tourne vers les entreprises. Celles qui font partie de la coalition Les entreprises s'engagent, notamment. « Elles sont concernées et ont un rôle à jouer. Ces enfants, ce sont leurs futurs employés. Ils peuvent être des collaborateurs d'excellence si on leur permet d'exercer le métier dont ils rêvent. » Secouer le système, Céline Greco le fait aussi avec l'ambition et l'espoir que ce qui se réalise sur le terrain oriente le politique : « Si on ne veut pas que les adolescents soient en perdition, qu'ils soient récupérés par des réseaux comme ceux du narco-banditisme, il faut prendre en compte la santé, la scolarité et l'accès à la culture. Nous espérons que le modèle que nous mettons en place servira les politiques publiques. »
Propos recueillis par Sophie Iborra