Situé derrière le palais de justice de Paris, immense bâtiment ressemblant à une botte, le siège de la police judiciaire a des airs de blockhaus. Rien à voir avec l'illustre et antique bâtiment du fameux 36, quai des Orfèvres, posé en bord de Seine. Au sein de la PJ, la brigade de protection des mineurs (BPM) occupe la moitié d'un étage.
Célébrée par le film Polisse de Maïwenn en 2011, ayant pour champ d'action Paris et trois départements limitrophes (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), la « brigade des mineurs », avec ses 70 fonctionnaires (dont, fait unique au sein de la police parisienne, une majorité de femmes), se charge de traquer et d'interpeller toute personne ayant commis des faits graves sur des mineurs. On parle ici de violences physiques mais aussi, et surtout, de violences sexuelles. Dans les deux cas pouvant entraîner la mort de la victime.
La BPM est divisée en douze groupes : quand plusieurs s'occupent des violences commises au sein de la famille, d'autres traitent celles commises par des personnes tierces, des professionnels en contact avec des enfants comme des éducateurs, des moniteurs, du personnel éducatif, associatif, des nounous, les maris de celles-ci... D'autres encore, des cas de mendicité forcée, de prostitution, ou des disparitions inquiétantes.
Composé de sept policiers, un dernier groupe travaille enfermé dans une grande salle rectangulaire. Pas de fenêtre donnant sur le couloir, seulement sur la cour intérieure. La porte est en permanence verrouillée, tout le monde n'y a pas accès. Pas de bureau ou de table où interroger les mis en cause, ou recevoir les victimes et leurs proches. Ici, rien que des ordinateurs, sagement alignés face aux fenêtres. La pièce ne doit pas son nom au hasard : on l'appelle la salle d'analyse.