Une nouvelle étape littéraire émerge sur la carte de France. Jusqu'alors, dans les Hauts-de-France, le département de l'Aisne était surtout connu pour le tourisme de mémoire lié à la Première Guerre mondiale, notamment au Chemin des Dames. Puis un château Renaissance est réapparu à Villers-Cotterêts, sauvé de la disparition après un chantier pharaonique. Projet porté de longue date par Emmanuel Macron, la Cité internationale de la langue française y a pris ses quartiers en novembre 2023, sous l'égide du Centre des monuments nationaux, et elle semble avoir trouvé son public : cette fin septembre, elle a déjà reçu 240 000 visiteurs, dépassant les attentes de 200 000 entrées la première année. Huit trains en provenance et à destination de Paris ont été ajoutés.
Le week-end dernier, une foule joyeuse affluait aux Journées du patrimoine et se massait devant l'immense tableau d'affichage électronique dressé au début du parcours, comme dans un aéroport, affichant pour destinations Cotonou, Bâton-Rouge, Mata-Utu... Autant de villes où l'on parle français, la cinquième langue mondiale. Les éclats de rire fusent devant la leçon d'orthographe de deux humoristes belges, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, sur l'impératif du verbe aller. « C'est l'exception d'une exception », tente d'expliquer l'apprenti professeur, dans une salle consacrée à la norme et l'usage. « Ni musée ni conservatoire, nous jouons avec une langue bien vivante, de façon décomplexée », assume le directeur de la Cité, Paul Rondin.