C'était l'occasion d'une vie. Quoi de mieux que la lumière éclatante de Paris 2024 pour conquérir les foules, attirer de nouveaux fans et pratiquants ? Certains sports ont saisi l'occasion grâce à leur travail de fond ou à l'émergence de talents rares comme Léon Marchand (natation) et les frères Lebrun (tennis de table). Mais tous n'ont pas eu cette chance ou ce savoir-faire. Bredouilles, la gymnastique et l'aviron - discipline médiatique pour l'une, pourvoyeuse de métaux pour l'autre - ont ainsi observé leur reflet peu avantageux dans le miroir olympique une fois la vasque éteinte.
Croisé il y a un mois, avant qu'il prenne officiellement le relais de Claude Onesta au poste de manager général de la haute performance au sein de l'Agence nationale du sport (ANS), Yann Cucherat ne cachait pas les tourments profonds de ces deux fédérations et élargissait : « Toutes celles qui n'ont pas eu de médaille auront du mal à s'en relever. » Certaines plus que d'autres, moins attendues (haltérophilie, lutte, hockey sur gazon, skateboard, waterpolo...). L'athlétisme, discipline reine avec ses 48 podiums, est, elle, repartie avec une breloque autour du cou, mais la tête basse.
« Les Jeux, surtout à Paris, c'est la vitrine extrême, pose la présidente de la Fédération française de gymnastique, Dominique Meirieu. Nos résultats ont des conséquences sur nos ressources, les relations avec le ministère, le nombre de licenciés. » Élue le 23 novembre, celle qui était secrétaire générale sous la précédente mandature a vécu au premier rang le flop de l'équipe de France féminine de gymnastique artistique, perturbée par une chute à l'échauffement, onzième sur douze à la surprise générale ; les hommes n'étaient même pas qualifiés.