Le doux souvenir remonte à l'enfance, mais Lou Jeanmonnot, 26 ans, l'a conservé précieusement. « Chaque fois que j'allais me coucher, elle avait droit à son petit bisou. » Sa maman ? Sa poupée ? « Non, ma carabine », dévoile la deuxième du classement général de la Coupe du monde, six victoires au compteur depuis le début de l'hiver.
Aux Mondiaux à Lenzerheide (Suisse), à partir de mercredi, l'arme passera la nuit dans sa chambre, comme « presque toujours ». Sans risque d'une balle perdue ? Le verrouillage sur les calibres utilisés n'a pas toujours été systématique. « Avec l'habitude, on fait un peu moins attention, admet-elle. Mais on tire toujours nos munitions cinq par cinq, donc je sais que les chargeurs sont vides. »
L'arme est entretenue chaque jour à l'aide d'un coton, au moins, pour éliminer les plus gros résidus de poudre et de plomb. Un nettoyage plus poussé est prodigué toutes les trois semaines en usant d'un déplombant et d'une brosse en laiton pour le canon. Il est vrai que la 22 long rifle s'enraie rarement, à moins que de la neige s'insinue dans la chambre.
À la rigueur, une balle défectueuse peut mal percuter, comme c'est arrivé à Jeanne Richard, qui n'en a pas moins blanchi 98 % des cibles en position allongée. C'est 94 % pour Lou Jeanmonnot, tenante du petit globe de la mass-start, qui a déjà réussi trois sans-faute pour autant de victoires. Sans jamais être totalement satisfaite. « Je voudrais toujours être plus précise ou plus rapide, nuance la meilleure tricolore du moment. Parfois, les quatre premières balles sont parfaites et la cinquième vient flinguer cette belle impression. »