Titulaire contre les Gallois en ouverture du Tournoi, le Rochelais Paul Boudehent raconte sa passion dévorante pour l’agriculture et la gastronomie. Entre autres…Révélation des tests d'automne, Paul Boudehent a encore été à son aise vendredi soir contre le pays de Galles (43-0), premier match du Tournoi des Six Nations 2025. Malgré une concurrence exacerbée à ce poste, le troisième ligne de 25 ans s'est fait une place de choix chez les Bleus, où il compte 15 sélections. Réputé pour son humour et son recul, ce petit-fils d'éleveurs nourrit pourtant un lien plus puissant avec les métiers de bouche qu'avec le rugby. Morceaux choisis.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Quel rapport entretenez-vous avec votre sport ?
PAUL BOUDEHENT — Je suis très détaché. Plein de gens exercent des métiers merveilleux avec plus de mérite que le nôtre. Nous faisons, certes, des sacrifices et pouvons procurer du plaisir au public, mais nous ne sommes pas essentiels au fonctionnement de la société. C'est ma manière d'appréhender la chose. Je le dis parfois à mes coéquipiers : « Les gars, on ne fait que du rugby. »
Quels métiers vous passionnent ?
Tous les savoir-faire me fascinent, surtout les manuels. Il y a tellement de métiers que j'aimerais apprendre : menuisier, paysagiste, maçon, mécanicien... Je les trouve d'une noblesse incroyable. Être capable de réparer, construire et transmettre ses compétences. Mais l'agriculture et les métiers de bouche m'émerveillent particulièrement. Je mesure la chance qu'on a, en France, de posséder ces terroirs et cette culture gastronomique. En 2022, j'ai passé mon CAP boucherie avec deux copains du Stade rochelais, Quentin Lespiaucq [talonneur] et Matthieu Leroy [analyste vidéo]. Que du plaisir ! Même si tenir debout dans une chambre froide pendant des heures s'est révélé très fatigant pour nos corps, qui ne sont pas habitués à ça. C'était parfois un peu compliqué d'enchaîner avec les entraînements.
Propos recueillis par Stéphane Colineau