ENTRETIEN - Originaire de Nouvelle-Calédonie, le talonneur du Stade toulousain a découvert le rugby sur le tard. Avant le quart de finale contre Exeter, il se raconte.Son premier match professionnel, c'était en 2016 en Coupe d'Europe. Cela ne faisait alors que quatre ans qu'il jouait au rugby. Depuis, Peato Mauvaka, 27 ans, a remporté la compétition (2021), trois Top 14 (2019, 2021 et 2023) et est devenu un incontournable du XV de France (34 sélections). Le chemin vers un nouveau sacre européen passe par Exeter en quart de finale de la Champions Cup cet après-midi (16 heures, France 2 et beIN).
LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous êtes arrière-petit-fils d'un ancien roi de Wallis, ça signifie que vous êtes fait pour porter des couronnes ?
PEATO MAUVAKA - Pas sûr que ça ait un lien mais c'est marrant. Je n'en parle jamais mais, oui, le grand-père de ma mère était roi. En tout cas, j'ai gagné des titres avec le Stade toulousain donc ma carrière avance dans le bon sens et j'espère que ça va continuer comme ça. J'aime gagner même si, en dehors du sport, je ne suis pas si compétiteur que ça. J'aime aussi chambrer. Tout ce qui peut énerver les autres, ça m'amuse. Sans méchanceté ni arrière-pensée.
Il y a treize ans, vous ne connaissiez rien au rugby. Comment est-il possible d'avoir une telle carrière ?
Avec les entraînements et le travail, mais c'est vrai que je ne connaissais rien quand je suis arrivé à Toulouse. Rien au rugby, rien à l'histoire du club dans lequel je posais les pieds. La Nouvelle-Calédonie, c'est proche de la Nouvelle-Zélande, donc je ne connaissais que les All Blacks. Mon père en était fan et enregistrait tous les matchs, j'étais à côté et je regardais du coin de l'œil. Ça ne m'intéressait pas trop. J'étais très volley, à l'époque. Je ne sais même pas comment le Stade toulousain a fait pour me conserver : j'avais six mois de tests, je ne jouais pas beaucoup, j'essayais de comprendre les règles. Je savais juste qu'il fallait faire la passe en arrière et avancer.
Comment quelqu'un a-t-il pu se dire que vous étiez fait pour ça ?
J'en parlais encore avec Thomas Ramos et Piula [Faasalele] : je ne comprenais pas ce qu'ils avaient vu en moi. Bon, à Nouméa, le niveau est très bas. Il n'y avait que des gros gabarits. On s'entraînait avec les seniors et, vu que j'avais peur qu'on me rentre dedans, je faisais la passe. Ça me sortait du lot car j'étais le seul à en faire. Là-bas, tu prends le ballon, tu baisses la tête et tu fonces dans le tas.
Propos recueillis par Solen Cherrier