Ces dernières heures, le téléphone d'Antoine Semeria a vibré à un rythme soutenu. Beaucoup de ces appels entrants poursuivaient le même objectif : savoir ce que le président fondateur de l'association Alerte commotions pensait des déclarations de Sébastien Chabal.
« Je n'ai aucun souvenir d'une seule seconde d'un match de rugby que j'ai joué », a affirmé le célèbre barbu dans un entretien diffusé mercredi sur la chaîne YouTube Legend. « Je ne me souviens pas d'une seule des 62 Marseillaises que j'ai vécues », a poursuivi le retraité des pelouses de 47 ans, aux 62 sélections avec le XV de France.
L'ancien deuxième ou troisième ligne, passé par Bourgoin, le Racing 92 ou le club anglais de Sale, assure qu'il ne garde aucun souvenir de la naissance de sa fille. Sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels, l'émotion a été grande. C'est pour cette raison qu'Antoine Semeria n'a décroché qu'avec parcimonie. « Je regrette cet emballement, j'appelle à la tempérance et au recul », lance-t-il, prenant le contrepied du discours ambiant.
Il s'étonne : « Jusqu'ici on ne parlait pas assez des commotions, et soudain on devient trop alarmiste. Je ne veux pas minimiser, mais la génération de rugbymen actuelle est beaucoup mieux protégée grâce aux protocoles mis en place. » Le manager du Stade toulousain, Ugo Mola, avait abondé le 11 avril: « On n'a pas attendu que Sébastien Chabal déclare cela pour que le club, le rugby et l'environnement médical de notre sport se mettent en alerte sur un vrai sujet. On n'a pas été assez loin, mais on est bien mieux qu'à l'époque où Sébastien jouait. »