Passée experte dans la géolocalisation et la mesure du mouvement, la société normande Sysnav s’associe au laboratoire suisse Roche dans l’espoir d’accélérer la mise sur le marché de traitements contre les pathologies neuromusculaires telles que les redoutables maladies de Duchenne et de Charcot.Elle ne se contente pas d'équiper les voitures radars privées qui pistent les conducteurs trop enclins à appuyer sur le champignon. Installée à Vernon, dans l'Eure, la société Sysnav (110 collaborateurs - 20 millions d'euros de chiffre d'affaires) sait aussi faire profiter la médecine de sa technologie magnéto-inertielle (au service du positionnement, de l'orientation, de la navigation, et de la capture du mouvement ndlr), développée originellement pour le monde de la défense, pour le guidage des missiles par exemple.
La division santé de la pépite normande s'était déjà faite remarquer dans la décennie 2010 en concevant un capteur destiné à mesurer les mouvements des myopathes, pour le compte de l'Institut de myologie, filiale de l'AFM Téléthon. Dix ans et beaucoup de travaux de recherche plus tard, Sysnav Healthcare franchit une marche supplémentaire en signant un partenariat non exclusif avec la big pharma suisse Roche, deuxième fabricant de médicaments au monde.
L'accord en question porte sur les pathologies neuromusculaires : ces maladies (au nombre de 400) du muscle ou de sa commande nerveuse popularisées par le Téléthon auprès du grand public et qu'on sait responsables de nombreuses complications orthopédiques, cardiaques ou respiratoires. En conjuguant ses talents, le duo Roche/Sysnav espère fiabiliser les mesures des fonctions motrices des patients lors des études cliniques : une condition indispensable, expliquent-ils, pour la mise au point de médicaments plus performants. C'est ici que les solutions de capture du mouvement en 3D mises au point par la société normande prennent tout leur sens.
« La promesse de traitements plus adaptés »
Utilisables à domicile, ses capteurs positionnés sur les poignets et les chevilles, assurent un monitoring d'une précision inégalée, selon David Vissière, président fondateur de Sysnav qui n'hésite pas à parler d'une « révolution ».
«Contrairement aux mesures peu objectives en vigueur depuis les années 30,les résultats obtenus ne sont pas biaisés par une quelconque subjectivité de l'observateur, ni par la motivation ou l'état de santé du patient. D'où la promesse de traitements plus adaptés», détaille t-il.