Pour la première fois de l’histoire des JO, l’égalité entre les femmes et les hommes sera de mise chez les athlètes. Mais c’est encore loin d’être le cas chez les coachs. Explications.« 1900-2024 : un long chemin vers la parité. » C'est écrit en gros sur le site officiel, ces Jeux olympiques accueilleront un nombre égal de champions et de championnes. « Une première historique », certes, mais derrière une parité élogieuse se cache un plafond de verre : celui des entraîneurs de haut niveau. Combien de femmes se rendront à Paris en tant que coachs ? Aux JO de Tokyo en 2021, le Comité international olympique (CIO) a comptabilisé 13 % de femmes, toutes nationalités confondues, parmi les entraîneurs présents - soit 2 points de mieux qu'à Rio. Au Japon, la France ne comptait, par exemple, aucune entraîneuse en natation ou en escrime, une seule en judo et une pour huit équipes de sports collectifs. Pour en trouver davantage, il fallait chercher du côté de la gymnastique (trois) ou de la natation artistique (deux).
Disparité dès les échelons amateurs
« Plus on se rapproche du terrain, plus l'espace est valorisant, moins on y trouve de femmes », pose la sociologue du sport Béatrice Barbusse, en s'appuyant sur les travaux de l'ancienne gymnaste Caroline Chimot, spécialiste en organisation, recrutement et gestion des staffs. À l'origine, la profession porte une dimension technique et tactique. « Or, rappelle Béatrice Barbusse, dans tous les métiers techniques, ingénieur par exemple, les femmes sont moins nombreuses. » Mais le fait que le management prenne aujourd'hui davantage d'importance devrait favoriser la féminisation de la corporation.
La disparité est prégnante dès les échelons amateurs. « C'est un monde où il n'y a que des hommes, déplore l'entraîneuse de natation Magali Merino. Dans le recrutement ou les réunions, il n'y a pas de place faite aux femmes. » Cette spécialiste de la nage en eau libre, qui coache le médaillé mondial Axel Reymond, décrit sa carrière comme « un parcours du combattant ». Elle raconte un accueil « catastrophique » dans le staff des Bleus il y a douze ans et la difficulté à évoluer. « On ne trouve pas de poste, regrette-t-elle. On est bloquées dans nos clubs. »