Avec ses 2 mètres de haut, ses rangées de cristal et son chapelet de métaux qui font les médailles, elle en imposait, cette armoire à trophées. On l'avait entraperçue lors de l'enterrement de vie de skieuse de Marie Bochet, en avril, revue ces jours-ci au fond de son livre ; on a demandé où elle était passée.
« Ça va vous décevoir, répond la propriétaire, mais elle a été vidée et stockée dans un garage. Par manque de place à la maison. » C'est beau mais c'est gros, une carrière comme la sienne, notamment marquée par huit titres paralympiques. La maison, c'est à Arêches (Savoie), dans ce Beaufortain dont on devine vite qu'elle ne partira jamais. Ces derniers temps, cela dit, les parenthèses d'éloignement ne manquent pas.
Cet été, elle s'est « pincée »
Depuis un mois et demi, on peut croiser Marie Bochet du côté de Sciences-Po, à Paris, reprenant un cursus mis de côté pendant une carrière trop prenante. Elle s'est réinscrite par « besoin de [se] définir autrement que par un palmarès sportif ». Et avant ça, il y a eu Paris 2024, façon tout-terrain. Dans l'organisation, à travers la commission des athlètes, sous le patronage de Martin Fourcade ; et pendant l'événement au micro de France Inter : chroniques dans l'émission L'Esprit sport de Nathalie Iannetta, plateaux débriefing et un rôle de consultante sur les épreuves para. Hiver ou été, la sphère est familière : « Je connais les athlètes. C'est plus facile de parler d'eux et d'apporter un petit truc en plus. »
Elle n'a que 30 ans et n'a pas vécu, depuis ses premiers Jeux à Vancouver en 2010, « des années trop noires en matière de médiatisation ». Mais elle mesure l'évolution du traitement de l'univers paralympique. Et celle des mots pour le raconter. « Avant Paris 2024, on était dans une phase où il fallait qu'on parle de paralympisme, tant pis si on ne le faisait pas très bien. Il y avait de la maladresse, par méconnaissance. Aujourd'hui, il est important d'en parler qualitativement. Sans insister sur les récits un peu pathos. Nous, notre vie, ce n'est pas ça. Bien sûr, il y a le handicap et des suivis particuliers. Mais on n'a pas envie d'entendre parler de résilience à tous les coins de podium. »