ENTRETIEN – Avec le 15e budget de Ligue 1, Grégory Lorenzi a bâti l’équipe qui a terminé 3e en mai et qui défiera le Barça ou encore le Real cette saison. Le directeur sportif du Stade Brestois donne les ingrédients de sa recette miracle.À 40 ans, il attaque sa neuvième saison en tant que dirigeant, diplôme de manager général du Centre de droit et d'économie du sport en poche depuis juin 2023. Formé à Bastia puis à Nantes, passé par la Belgique, Arles-Avignon, la D3 allemande et donc Brest, l'ex-défenseur « international » corse Grégory Lorenzi a basculé de l'autre côté en 2016. D'abord comme coordinateur puis comme directeur sportif. Trois ans plus tard, le club breton remontait dans l'élite. Le voilà désormais en Ligue des champions avec un premier match contre les Autrichiens du Sturm Graz, jeudi à Guingamp.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment et pourquoi êtes-vous devenu directeur sportif si jeune ?
GREGORY LORENZI - Ce n'était pas prévu. Quand j'étais joueur, Denis Le Saint, alors partenaire du club, souhaitait que je sois à ses côtés le jour où il prendrait la présidence. C'est devenu concret et il m'a demandé d'avoir une vision globale pour le Stade brestois. Je pense que ça lui a plu. Pour moi, ça a été un challenge excitant. Difficile aussi, car j'avais 32 ans et je n'étais pas prêt à tourner la page aussi vite.
La vision que vous aviez en 2016 est-elle la même que celle d'aujourd'hui ?
Joueur, je me posais souvent des questions sur les décisions de mes dirigeants, sur la manière d'imposer les choses. Je me suis dit que je fonctionnerais différemment, en me mettant à la place du joueur pour qu'il comprenne et accepte le discours. On stigmatise les footballeurs : ils seraient abrutis, trop payés, juste bons à taper dans un ballon... Il y a pourtant de belles personnes et des garçons intelligents. Cette approche m'a permis d'avoir des relations de qualité.
Propos recueillis par Solen Cherrier