Marathon de Londres : le rêve d’un record en grandes pompes
Stéphane Colineau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le marathon de Londres pourrait bien être la première course bouclée en moins de deux heures.
LTD/Lisi Niesner/REUTERS
Stéphane Colineau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le marathon de Londres pourrait bien être la première course bouclée en moins de deux heures.
LTD/Lisi Niesner/REUTERS
Référence dans le monde du marathon, Jean-Claude Vollmer a longtemps été persuadé qu'aucun coureur n'avalerait jamais 42,195 kilomètres en moins de deux heures. Physiologiquement inatteignable, estimait l'entraîneur du recordman de France, Morhad Amdouni (2h3'46").
Mais un événement a chamboulé ses certitudes : l'avènement des chaussures de running dotées de lames en carbone et de mousse, logées dans d'épaisses semelles. « Elles sont incontestablement le facteur numéro un pour expliquer les performances de ces dernières années », analyse cet ancien responsable du haut niveau à l'Insep.
Le Kényan Kelvin Kiptum, décédé en février 2024 dans un accident de voiture, en était chaussé quand il a caressé l'exploit, en 2h0'35" à Chicago, en octobre 2023. Dimanche prochain, à Londres, où le record du monde dans une course féminine était tombé l'an dernier (2h16'16" par la Kényane Peres Jepchirchir), ces bottes de sept lieues équiperont tous les candidats au chronomètre historique. Dont l'Ougandais Jacob Kiplimo, frais recordman du semi-marathon (56'42"), l'Éthiopien Tamirat Tola, champion olympique à Paris, et le plus grand marathonien de l'Histoire, Eliud Kipchoge (2h1'9" en 2022).
Le Kényan, double champion olympique (2016, 2021), s'est déjà offert un avant-goût de ce qui s'annonce comme un morceau d'histoire de l'athlétisme, au même titre que les 10 secondes au 100 mètres ou les 6 mètres à la perche. En 2019, à Vienne (Autriche), il avait bouclé la distance en 1h59'40". Mais son temps n'avait pas été homologué.
En cause, une série d'entorses au règlement, réalisées sciemment pour atteindre son Graal à tout prix, celui des primes des sponsors (entre 750 000 et 1 million de dollars estimés) : il avait bénéficié de 90 % de lignes droites, de 41 lièvres, de l'aspiration d'une voiture ouvreuse qui lui indiquait les bonnes trajectoires, et attendu une bonne fenêtre météo pour s'élancer. À l'époque, des puristes avançaient que cette balade express à 21 km/h de moyenne, vue par 500 millions de téléspectateurs dans 200 pays, relevait autant d'une performance sportive que d'une publicité pour ses sponsors. Et pour ses chaussures.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Stéphane Colineau
Courbet, Rembrandt, Monet, De Vinci... Quand les artistes explorent l'art de l'autoportrait
Olivier Faure, une « pré-primaire » pour contraindre Glucksmann. La chronique politique de Pierre Lepelletier
Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin soigne sa gauche
Ces macronistes bientôt arrimés à Pécresse