Samedi 11 avril 1953, 7 h 30. Fortunato Bettini, un ouvrier du bâtiment de 17 ans, prend son petit déjeuner sur la plage avant de rejoindre son chantier, la construction d'une villa sur le littoral de Torvaianica. Cette bourgade n'est, à l'époque, pas encore le lieu de rendez-vous estival de la bourgeoisie romaine qu'elle deviendra rapidement. Il n'y a pas de centre-ville, seulement quelques baraques de pêcheurs le long de la mer, des dunes à perte de vue, une végétation sauvage, et une longue route en terre qui longe la côte vers Ostie et la capitale.
Collé au rivage de Torvaianica se trouve le lido de Capocotta - aujourd'hui plage nudiste - et, derrière, le domaine de Castelporziano, ancienne résidence de chasse des rois de Savoie transformée en réserve naturelle, qui appartient au président de la République. Cinq cents hectares de forêt dense abritant toutes sortes d'animaux : sangliers, chevreuils, cerfs. D'autres nobles de la capitale ont des domaines de chasse à côté de la réserve présidentielle, plus petits, et pourtant déjà immenses.
Fortunato Bettini est seul sur la plage quand il aperçoit au loin ce qu'il décrira à la presse comme « un gros poisson échoué au bord de l'eau ». Il s'approche et voit deux jambes blanches qui dépassent d'une veste flottant sur le rivage. Il court chercher de l'aide. À 9 h 30 arrivent les premiers carabiniers, accompagnés du médecin de garde de la commune voisine de Pomezia.