LA TRIBUNE DIMANCHE — L'anecdote estivale qui a marqué ta vie ?
THOMAS NGIJOL — L'obtention du bac. Un bac STT, ça n'existe plus aujourd'hui, mais ça n'enlève pas sa valeur. J'étais hautain scolairement, j'étais un connard, trop sûr de ses qualités et, du coup, j'étais mon propre ennemi : je sortais avant la fin des épreuves même si je n'avais pas fini. À mon époque, les résultats étaient affichés sur le lycée, tu regardais, c'était long, tu savais même plus trop comment tu t'appelais. Quand j'ai vu « Ngijol », c'était trop puissant, une sorte de libération. J'étais le troisième Ngijol à avoir le bac après mon père et un de mes frères. J'ai passé le plus bel été de ma vie. À errer dans Maisons-Alfort, dans Créteil, sûr de moi, j'en avais rien à foutre d'aller en vacances, je rentrais à 4 heures du matin après avoir joué à la console, glandé, dragouillé, joué au foot, être allé au cinéma ; on était super libres.
Quel est le moment qui a changé ta vie ?
Le clip de Snoop Dogg What's My Name. Voir un grand Noir timide et aussi maigre que moi faire quelque chose d'aussi extraordinaire, je me suis dit en voyant ce clip que tout était possible !