Situation mitigée pour l'immobilier d'entreprise en France

 |   |  403  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Le secteur se porte mieux mais il n'a pas encore retrouvé son équilibre.

L'immobilier d'entreprise en France serait-il en train de reprendre des couleurs ? On serait tenté de le croire face au bond de 42 % du marché de l'investissement, à 11 milliards d'euros, en 2010 par rapport à 2009. Cette tendance permet à Nexity, qui a dégagé un bénéfice de 119,8 millions d'euros en 2010 malgré une baisse de 21 % de son chiffre d'affaire dans le tertiaire, de tabler sur 500 millions d'euros de prises de commandes en 2011, contre 190 millions l'année dernière. Le groupe est d'ailleurs sur une bonne dynamique avec la conclusion fin 2010 de deux grosses commandes, qui totalisent 65,9 millions d'euros : des bureaux de 16.000 m2 à Genevilliers et des locaux d'activité de près de 5.000 m2 au Coudray-Montceaux.

Mais le marché se porte-t-il si bien ? « Le degré d'avancement de développement de nouveaux projets permet au groupe d'afficher des objectifs ambitieux de prises de commandes », confirme le PDG de Nexity Alain Dinin, qui par ailleurs a annoncé mercredi que son groupe allait investir 20 millions d'euros en 2011 pour regrouper presque toutes ses enseignes (Keops, Lamy...) sous une marque unique afin de devenir « le premier opérateur immobilier intégré ». Pour sa part, le président de Cushman & Wakefield, Olivier Gérard, préfère tempérer la hausse des investissements dans l'immobilier commercial l'année dernière car 2009 avait constitué la plus mauvaise performance de la décennie avec seulement 7,8 milliards d'euros investis.

De son coté, le directeur général d'Immo Group Consulting, Jean-Michel Ciuch, s'insurge contre l'offre trop importante : « c'est une hérésie d'inciter les acteurs à construire ». Les besoins annuels franciliens sont évalués à 400.000 m2 environ, « aujourd'hui, on en est à 600 ou 700 millions de m2 d'excédent. C'est très dangereux ». Pour Immo Group Consulting, le réel problème est la répartition. Par exemple, en Ile-de-France, qui concentre 70 % des montants investis dans l'Hexagone, il y a une réelle menace de pénurie dans les secteurs au sein desquels la charge foncière ou le droit à construire constituent une denrée rare, comme la capitale. En revanche, la première Couronne Nord et Est subit un volume de construction trop élevé par rapport au taux de vacance actuel.

« La France et surtout Paris suscitent toujours l'intérêt en terme d'investissements immobiliers. Néanmoins, il faut veiller à ne pas changer les règles du jeu trop souvent et à garder une certaine transparence. La pression fiscale et la croissance économique faible peuvent desservir cette attractivité » conclut l'Urban Land Institute.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :