Appréciés pour leur sens de l’humain, leur capacité d’adaptation et de réaction, nombre d’officiers font le choix de l’entreprise après leur carrière militaire. Ils occupent des postes de direction, s’associent dans des sociétés de conseils ou créent leur start-up. De l’armée, que certains ont quittée après dix ou quinze années de commandement opérationnel, ils disent avoir beaucoup appris. Même si certains doivent encore être convaincus de leur valeur ajoutée dans le management, leurs savoir-faire sont...Ils ont troqué leurs galons militaires contre des postes de direction dans la société civile. Les saint-cyriens formés à Guer (Morbihan) sont de plus en plus nombreux à raccrocher leur uniforme sans attendre la retraite. Sébastien Pignolet, aujourd'hui responsable du service régional de la Force rapide du nucléaire (FARN), basé à la centrale EDF du Bugey et fort de 72 agents, a remisé le panache à 37 ans. Comme lui, ils sont 50 d'une promotion de 160 à avoir abandonné la troupe, entre 35 et 40 ans.
"Je suis rentré d'Afghanistan en octobre 2011. Après 15 années passées en opérationnel, sur le terrain, je ne me voyais pas officier d'état-major. Je souhaitais rester sur une fonction de management direct", explique-t-il.
La difficile transition
Témoignage à peu près identique d'Olivier Faure, directeur Centre-Est d'Orange (10 000 salariés), qui a quitté l'armée en 1991, au bout de dix ans. L'ancien parachutiste, principalement engagé au Tchad, dit avoir beaucoup appris de ses années de commandement même si la décennie 1980 a été plutôt calme sur le front des interventions en zones de guerre.
"J'avais l'impression que la meilleure partie de ma carrière militaire était derrière moi. Et quitte à être dans des bureaux, autant l'être dans des entreprises, plus efficaces que l'administration. Mais en laissant passer le temps, j'avais peur de ne plus pouvoir faire autre chose", reconnaît l'ancien capitaine.
Christophe Labarre, cofondateur d'Obiz, start-up lyonnaise qui propose un concept de carte de réduction, a, quant à lui, effectué sa transition professionnelle en 2009, à 36 ans :
"L'armée se restructurait. J'avais réussi l'École de Guerre (des officiers généraux) et en tant que scientifique, on me proposait des postes dans ce domaine. Cela ne m'intéressait pas. Mon projet était de créer une entreprise, mais il me fallait d'abord effectuer une transition."